Le suicide de trois salariés d’Air France opérant à l’escale de Marseille durant les deux derniers mois de l’année a eu une conséquence inattendue : le syndicat CGT a déposé un préavis de grève local en appelant les salariés de cette escale provençale d’Air France à cesser le travail durant la matinée du lundi 7 janvier 2019 ! 

Trois suicides aux causes inconnus

Les trois suicides recensés par la centrale syndicale ont eu lieu durant les mois de novembre et de décembre 2018, et à chaque fois au domicile des salariés concernés : aucun suicide ne s’est déroulé sur le lieu de travail, contrairement à ce qui avait pu arriver dans d’autres entreprises ; il est donc difficile d’être certain de la corrélation entre le travail des salariés et ces suicides, qui pourraient aussi être dus à des difficultés personnelles des salariés en question.

Une réunion extraordinaire de la CHSCT a été convoquée pour le mercredi 9 janvier 2019, la CGT dénonçant la dégradation des conditions de travail qui selon elle pourrait expliquer, au moins partiellement, ces suicides. Le syndicat se plaint notamment d’horaires décalés de nature à perturber la vie privée et familiale des salariés de la compagnie. La CGT dénonce aussi de fréquents changements de planning, souvent au dernier moment, qui empêchent les salariés de s’organiser en amont et impactent ainsi leur vie privée.

Un arrêt de travail prévu dans la matinée de lundi

Le préavis de grève déposé par la CGT est relatif à un arrêt de travail entre 10h00 et 14h00 le lundi 7 janvier 2019, soit 48 heures avant la réunion extraordinaire de la CHSCT. Le syndicat entend ainsi se plaindre des pressions psychologiques exercées sur les salariés et de conditions de travail qui iraient en se dégradant. Les passagers arrivant ou partant de l’aéroport de Marseille durant ce créneau horaire peuvent donc s’attendre à des perturbations, dont l’ampleur dépendra bien évidemment du taux effectif de grévistes.

La compagnie a quant à elle proposé un soutien psychologique aux salariés qui le désireraient. Elle entend également mettre en place des groupes de travail, sur la base du volontariat, pour réfléchir avec les salariés à l’organisation de l’escale de Marseille et aux évolutions possibles de cette organisation…