Une nouvelle expertise de l’immeuble de la rue Durand, évacué le 18 décembre dernier, a eu lieu ce jeudi 3 janvier, en présence de quelques-uns de ses habitants. Ils n’ont pas, pour autant, obtenu de réponses à leurs questions concernant un éventuel retour à leurs domiciles. Focus sur des sans-abris en colère qui ne demandent qu’à rentrer chez eux. 

Une évacuation aux conséquences dramatiques

Cette nuit encore, Patricia, une marseillaise de 55 ans, propriétaire d’un appartement dans cette bâtisse de la rue Durand, dormira dans sa voiture. Après avoir séjourné une quinzaine de nuits à l’hôtel, cette quinquagénaire ne peut plus s’offrir ce luxe. Elle n’a donc pas d’autre choix que de rester dans son véhicule pour se reposer cette nuit. “Quand on est propriétaire occupant, on n’a droit à rien”, rouspète Anne, mécontente et fatiguée.
En effet, suite au drame de la rue d’Aubagne, la mairie de Marseille a pris la décision de déloger les personnes dont l’immeuble présentait une situation critique.
Dans le cas de l’édifice de la rue Durand, c’est le mauvais état du plancher au troisième étage qui est en cause.

Des sinistrés dans l’expectative

Ce premier jeudi de l’année, un groupe d’experts s’est une nouvelle fois rendu sur les lieux, afin de réévaluer la situation en présence des habitants de l’immeuble. Ces derniers se disent à bout de souffle. Anne, Guillaume et les autres dénoncent, de surcroît, le manque de sérieux des autorités lors de l’évacuation.
Quant à Guillaume, il se plaint des agissements du syndic « Il était fermé ces quinze derniers jours. Ils n’ont pas répondu aux mails, aux coups de fil…Résultat, on a reçu aujourd’hui (le 3 janvier) un courrier de l’expert qui était passé le 20 décembre…
Par ailleurs, tous s’insurgent contre le manque d’informations qui leur sont données.”On ne sait toujours rien.” clame Anne. Alors, la colère commence à monter.

Fort heureusement, l’ingénieur en charge du dossier finira par ôter le cadenas de la porte d‘entrée afin que les résidents puissent récupérer quelques affaires chez eux. En revanche, personne n’a pu leur donner un quelconque délai de réintégration de leurs habitations.