Une mairie peut-il durablement influencer la répartition de la population sur un territoire donné ? La réponse penche plutôt vers le non… 

Une réhabilitation menée à tambour battant

Pour Jean-Claude Gaudin – maire de la ville de Marseille – la rue de la République anciennement rue Impériale était un site attractif en raison de sa proximité avec le vieux port. La mairie de Marseille souhaitait donc favoriser l’implantation rapide de commerces. Pourtant force est de constater qu’en Décembre 2018, il ne reste plus qu’une pharmacie, un Starbucks, un restaurant Thaïlandais Pitaya Marseille noté 3,5/5 sur Tripadvisor et une banque. Adieu donc les enseignes commerciales et cosmopolites comme Séphora, Jules ou Desigual. Elles plient toutes bagages au grand dam des autorités locales.

Un juteux montage financier partagé entre divers sociétés immobilières

Sans explications, la mairie a tenté d’expulser les habitants de cette rue au profit des commerces via des sociétés immobilières comme la Société immobilière de Marseille, Lonestar, Sadi-Carnot-Joliette et ANF . Un habitant de la rue, Michel Cuadra a pourtant décidé de résister et il a monté une association de défense afin de se défendre face aux expulsions forcées. Pour cette figure locale, pas question donc d’aller boire un café surfacturé dans une enseigne américaine comme Starbucks. Ainsi si la rue de la République est retapée et que les loyers sont doublés, peu de personnes viennent s’installer durablement. En effet si Olivier Dubois le président Freo Immobilier annonce 90% de bureaux occupés et 750 logements vendus, en réalité 55% des locaux commerciaux demeurent vides.

Absence de clientèle et concurrences voisines

Malgré les envies démesurées des élus locaux, la rue de la République ne parvient toutefois pas à tirer son épingle du jeu face à ses concurrents. Olivier Dubois tente toutefois de tempérer les échecs en annonçant des enseignes pour la maison ou pour des commerces de proximités. La clientèle semble toutefois préférer le centre de la Bourses ou les centres commerciaux comme Prado, les Terrasses du Port, les Voûtes de la Major ou les Docks Village. Il y a visiblement à Marseille une offre bien supérieure à la demande au regard des 860 000 habitants. Pour André Jollivet, ancien président de l’ordre des architectes Paca l’échec provient d’une absence de vision pour cette restructuration de cette rue tandis que pour Michel Cuadra il s’agit simplement d’un non-sens au regard de la vie de quartier.

Solange Biaggi, adjointe au maire (LR) , veut toutefois croire en la surconsommation…