Malgré un exercice 2017/2018 jugé plutôt satisfaisant avec à la clé une quatrième place et une qualification pour l’Europa League, l’Olympique de Marseille ne cesse de décevoir ses supporters depuis le début de la saison. La faute en grande partie à un recrutement largement en demi-teinte et à une stratégie qui n’est guère en phase avec les ambitions affichées par Franck McCourt depuis la reprise du club…

À part la pépite Luiz Gustavo, une succession de déceptions

Lors de son arrivée à la tête du bateau olympien, l’Américain n’avait pourtant pas caché ses ambitions avec pas moins de 200 millions d’euros sur quatre ans pour améliorer une équipe en quête de sommets. C’était le 16 octobre 2016 et près de deux ans après, les deux tiers de cette somme ont déjà été dépensés ! Pour quels résultats ? La seule énumération des noms d’Evra, de Sertic, d’Abdennour et plus encore du fiasco Mitroglou suffit à prendre toute la mesure de l’échec. Et ce ne sont pas les débuts du néerlandais Strootman, du croate Caleta-Car ou du serbe Radonjic qui semblent pouvoir corriger la mire, même s’il faut ici être plus indulgent et leur laisser un temps d’adaptation. Reste à espérer qu’ils suivront l’exemple du majestueux Luiz Gustavo, arrivé en juillet 2017 pour 8 millions d’euros en provenance de Wolfsburg, véritable cadre et pilier indéboulonnable. Mais à l’arrivée c’est un bilan bien pâle qu’il convient de dresser, auquel viennent s’ajouter bien évidemment les tergiversations répétées pour recruter un attaquant digne de ce nom et capable de permettre à l’OM de franchir un nouveau cap. Gomis s’en va et tout est dépeuplé…

Le mercato olympien, illustration des limites criantes d’un schéma décisionnel ?

La gestion du recrutement ne semble donc pas être le point fort du trio formé par le Président Eyraud, le directeur sportif Zubizarreta et l’entraineur Garcia. Si l’entente entre les trois hommes n’est visiblement pas au cœur du problème (en apparence?), c’est probablement dans la répartition des tâches que réside le hiatus. Peut-être que le temps est venu de laisser un peu de côté les ambitions de restructurations tous azimuts, les conférences de presse « 2.0 » sur les nécessaires évolutions du football pour se concentrer plus largement sur le groupe professionnel et son nécessaire équilibre. Cela implique de s’interroger sur le rôle réel de « Zubi », lui qui ne se voit pas reconnaître des compétences égales au coach alors qu’il se démène pour activer ses réseaux. Il n’apparaît plus tenable que lorsque le premier propose un nom le second dispose d’un droit de veto démesuré. Une nouvelle organisation semble inéluctable pour permettre à l’OM de frapper juste et fort en matière de recrutement, condition essentielle pour tutoyer sur la durée le haut du tableau de Ligue 1….