À côté de la plaque contre Francfort puis lors de la seconde période contre Reims, l’OM se rend à Nantes (19h) pour reprendre le fil, dans le jeu et au niveau des résultats

Elle est là, tapie dans l’ombre, et personne n’a vraiment remarqué sa présence plutôt inattendue en ces temps de vaches maigres, de critiques sur l’absence de jeu et de colère rampante des tribunes. Elle, c’est « l’euphorie« , celle qui, d’après Rudi Garcia, aurait guetté l’OM si jamais la bande à Payet avait eu la bonne idée de mater le redoutable promu rémois, aux ambitions aussi limitées que son budget (40 millions d’euros). Un succès aurait eu des vertus curatives exceptionnelles, avec une vue imprenable sur le podium. Les Olympiens ont préféré se casser les dents sur la défense champenoise avant de renoncer totalement en seconde période (0-0), plutôt que de voir déferler un optimisme débordant.

« Si on avait battu Reims et qu’on était sur le podium, je devrais lutter contre l’euphorie et tempérer les miens. Mais il ne faut ni tomber dans le catastrophisme ni voir les choses négativement. Contre Reims, si la deuxième n’était pas du même acabit, on a réalisé une première mi-temps de haute volée. À Amiens, notre jeu était bien huilé« , persiste Garcia, chantre d’un optimisme à tous crins.

Ses joueurs, Luiz Gustavo en tête , ne baignent pas exactement dans un océan de béatitude, depuis les trois coups d’une saison déjà plombée par neuf revers (cinq en championnat, quatre en Ligue Europa), dont certaines gifles encore douloureuses. Le taulier brésilien regrette l’absence de régularité et exhorte ses partenaires à redoubler d’exigence et à la jouer collectif, au lieu de chercher à briller chacun dans son coin. « On est une très bonne équipe, je suis très positif et très optimiste« , pose-t-il.

Semaine hautement périlleuse

Comme beaucoup d’amoureux déçus de la cause marseillaise, il n’oublie pas, non plus, l’autre lecture de la situation, celle qui consiste à repousser les – nombreux – problèmes à plus tard et se satisfaire d’un classement faussement confortable. Surtout avec deux déplacements pour le prix d’un en cinq jours, chez des maisons qui profitent de cette saison pour redorer leur blason. Ces pérégrinations hexagonales conduisent l’OM à Nantes, ce soir, puis à Saint-Étienne dimanche, pour une semaine hautement périlleuse.

Cet enchaînement loin du Vélodrome peut conférer plus de relief et d’allant à la saison olympienne, ou, au contraire, donner des migraines en attendant les ultimes rendez-vous de l’année. Encore une fois, le technicien olympien balaie les soucis du moment, alors que les Canaris, remplumés par l’arrivée de Vahid Halilhodzic et le retour de plusieurs titulaires, ne volent plus aussi haut depuis trois matches (1 défaite, 2 nuls), après avoir compilé quatre victoires à la suite.

« Aller à Nantes, une équipe athlétique, est toujours compliqué. Mais ça ne change rien pour nous, on doit être capable d’être performant et de l’emporter en étant solide et offensif. En championnat, on est là, pas loin du podium. Ça pourrait être mieux, mais on est là. On fera le bilan plus tard. En attendant, on veut juste jouer, batailler et prendre des points pour monter sur le podium« , dédramatise Garcia qui, depuis le début de sa carrière, a pris l’habitude de renverser des situations mal embarquées.

Ce matin, son OM qu’il façonne à sa manière depuis deux ans demeure en embuscade, en cinquième position. Mais il met le cap à l’ouest pour se remettre les idées en place et retrouver ses esprits. Comme celui qui lui avait permis, la saison dernière, d’arracher une victoire (0-1) par un caractère d’airain symbolisé par ce but du ventre de Lucas Ocampos dans les ultimes instants de la rencontre. Un tel dénouement ne ramènerait pas l’euphorie, mais un soupçon de sérénité bienvenu.