Chaque année, 10 000 nouveaux cas de maladie intestinale inflammatoire sont diagnostiqués en Espagne

20/08/2021 à 8h30 CEST

Une étude avec la participation du CIBEREHD révèle, pour la première fois, que l’incidence réelle de Maladie inflammatoire de l’intestin (EIII) en Espagne est de 16 cas pour 100 000 habitants-année.

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) regroupent plusieurs pathologies chroniques dont la principale caractéristique est l’inflammation intestinale, « causée par des facteurs immunologiques, génétiques et environnementaux ». Ceci est expliqué par la Fondation espagnole pour le système digestif (FEAD).

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En plus d’al système digestif, cette pathologie affecte également d’autres parties du corps.

Nous parlons de la Colite ulcéreuse, maladie de Crohn et colite indéterminé.

La maladie inflammatoire de l’intestin est généralement diagnostiquée chez les patients jeunes et, jusqu’à présent, son incidence dans la population espagnole générale était inconnue.

« C’est l’une des pathologies qui a un coût social plus élevé, en raison des coûts directs et indirects qui en découlent. Connaître son incidence est crucial pour pouvoir organiser les moyens de santé nécessaires à la prise en charge de ces patients. » Groupement CIBER des Maladies Hépatiques et Digestives (CIBEREHD).

Précisément pour connaître la prévalence de cette pathologie intestinale, le Dr Gisbert a collaboré avec le Dr María Chaparro, spécialiste de la digestion à l’Unité de soins intégrés pour les patients atteints de maladies intestinales inflammatoires de l’Hôpital Universitaire de La Princesa et chercheuse au CIBEREHD. .

Tous deux ont dirigé l’étude intitulée Incidence, caractéristiques cliniques et gestion des maladies inflammatoires de l’intestin en Espagne : étude épidémiologique à grande échelle (EpidemIBD).

Ces résultats sont publiés par le Groupe de travail espagnol sur la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse (GETECCU).

Résultats de l’étude EpidemIBD

L’étude a inclus plus de 3 600 patients nouvellement diagnostiqués avec une maladie inflammatoire de l’intestin tout au long de 2017, ce qui représente une incidence de 16 cas pour 100 000 habitants par an.

Plus précisément, 7,5 pour la maladie de Crohn et 8 pour la rectocolite hémorragique. Ces chiffres sont plus élevés que précédemment décrits en Espagne et similaires à ce qui a été observé dans les pays d’Europe du Nord.

« En extrapolant ces chiffres, on peut estimer que chaque année environ 10 000 nouveaux cas des MII », assure le docteur Chaparro.

De plus, jusqu’à 20 % des patients atteints de la maladie de Crohn présentaient des complications (sténosantes ou fistulisées) au moment du diagnostic.

L’étude met en évidence la fréquence élevée d’utilisation des médicaments biologiques, principalement dans la maladie de Crohn.

Le Dr Gisbert explique que grâce à l’étude, il a été observé que « l’utilisation des ressources thérapeutiques dans les MII est élevée et supérieure à ce qui a été décrit précédemment. Ces informations sont d’une grande valeur pour toutes les parties impliquées dans la prise en charge de ces patients.

En ce sens, au cours des 12 premiers mois suivant le diagnostic, un tiers des patients avaient reçu un traitement par corticoïdes systémiques.

Un quart avait reçu des immunosuppresseurs, 15 % des biologiques et 5 % avaient subi une intervention chirurgicale pour une MII.

Nombre particulièrement élevé de patients atteints de la maladie de Crohn

Environ 50 % de ces patients ont reçu des corticostéroïdes systémiques, 50 % des immunosuppresseurs et environ 30 % avaient été exposés à un traitement par des produits biologiques 12 mois après le diagnostic.

De plus, un patient sur 10 atteint de la maladie de Crohn avait nécessité au moins une intervention chirurgicale tout au long de la première année.

En ce qui concerne Admission à l’hôpital, un tiers des patients avaient été hospitalisés dans la première année suivant le diagnostic.

D’autre part, plus de 70 % des admissions sont dues à la première épidémie de la maladie.

Selon les mots du Dr Chaparro et du Dr Gisbert : « Les résultats de cette étude soulignent l’importance des maladies inflammatoires de l’intestin pour les systèmes de santé et pour la société en général, qui doivent faire face à la gestion d’une maladie aussi complexe.

Pour atteindre les objectifs proposés, plus d’une centaine d’unités IBD réparties sur tout le territoire national ont travaillé ensemble. Avec une superficie totale de référence de plus de 22 millions d’habitants adultes.

Ils ont ainsi constitué l’un des études plus vastes dans le monde sur l’épidémiologie d’une maladie.

Cette coordination entre plus d’une centaine de centres et plusieurs centaines de collaborateurs a été l’un des défis posés par la réalisation de l’étude EpidemIBD.

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