Chute massive dans le stade le plus placide

18/08/2021 à 19:22 CEST

Lorsqu’on demande à un coureur qui a sauté une chute qu’il ressent en voyant des corps et des vélos s’entasser devant lui, comme s’ils avaient été blessés au combat, Il parle de panique, de chair de poule, de peur de ne pouvoir éviter ce qui est souvent impossible ; pas d’espace, pas de route libre Et, surtout, la prairie ou la terre desséchée par la chaleur d’Albacete n’est pas un lieu de salut : un gouffre invite aussi à aller à terre. C’est l’heure de l’accident.Sur la route d’Albacete, les cyclistes de la Vuelta savaient qu’ils n’avaient qu’à bien s’hydrater pour tirer le meilleur parti de la punition de la chaleur. Les réalisateurs avaient déjà vu tôt le matin que le redoutable vent de La Mancha était en vacances, comme la moitié de l’Espagne, et ne briserait pas la course, en petits groupes se chassant les uns les autres.

En l’absence d’un inconvénient inattendu, il n’y a pas eu d’autre lecture de la cinquième étape qui ne se soit terminée par un sprint massif. Dans sa maison, la femme du chef jusqu’à hier, Rein Taaramäe, a envoyé un tweet avec son mari à la télévision, vêtu de rouge, et le chien de la famille dans un maillot de l’équipe Intermarché, pour que tout le monde puisse vérifier que le cycliste estonien arriverait à Albacete un autre jour en tant que leader de la course. Ce n’était pas le cas. Parce que l’inconvénient inattendu s’est produit. Il restait 11,6 kilomètres pour aller à Albacete, un groupe compact, notre escapade quotidienne (Pelayo Sánchez, Oier Lazkano et Mikel Azparren) avait déjà été capturée. Le sprint était imminent.

Des équipes comme Alpecin, l’équipe du vainqueur du jour, Jasper Philipsen, tiraient déjà. Tout préparé. Et soudain, la route s’ouvre. L’un sur l’autre. Ceux qui cherchent la sauvegarde de la terre tombent aussi. Certains, comme Romain Bardet, rebondissent et finissent gravement blessés, comme Mikel Snow. Et là, au milieu du monticule, Taaramäe apparaît, soulevant du sol le vélo à moitié endommagé.

Personne n’attend. Ils suivent tous. Peu importe que les coéquipiers soient à la traîne. Il n’y a rien à faire, l’effort, l’illusion du compagnon qui a même habillé le chien du maillot de l’équipe, le cycliste qui rêvait d’endurer une autre journée en rouge… tout va se gâcher.

Pour une chute Le leadership est donné au coureur français Kenny Elissonde, qui est devenu célèbre lorsqu’il a remporté en 2013 seul la grande étape d’Angliru. « Je me sens mal pour Taaramäe parce que c’est une personne qu’on aime. Mais j’étais dans le top 15 parce qu’ils m’ont dit que si l’air soufflait le peloton pouvait être coupé. J’aurais aimé gagner ce maillot rouge avec mon pédalage et pas à cause d’une chute de l’adversaire mais c’est ainsi que le destin l’a voulu », a expliqué Elissonde à Albacete.

Peut-être n’est-il leader que par accident d’une seule étape car aujourd’hui à Cullera, déjà au bord de la mer, avec le peloton attendant que la brise méditerranéenne refroidisse un peu l’atmosphère, il y a à nouveau une arrivée courte mais raide et avec Primoz Roglic accroché à son vélo, à seulement 5 secondes d’intervalle au général, bien que le cycliste slovène ne le propose pas, la chose normale est qu’il le surpasse en force et en jambes.

Bardet, battu, montre à nouveau qu’il est un cycliste puni de chutes. Et souvent, on ne sait pas pourquoi ces choses arrivent. Il est habile et rapide en descente, mais des accidents sur le Tour et maintenant sur la Vuelta ont mis sa carrière sportive à rude épreuve. Il arrive à Albacete à un rythme de cycliste car il a mal à la jambe droite. Et vous aidez même avec votre main pour vous donner de l’élan, un peu plus de force pour déplacer les pédales avec la jambe blessée.

Philipsen bat Fabio Jakobsen. Ils vont deux à un dans leur duel particulier. Si le vent de Murcie ne l’empêche pas, ils se retrouveront samedi devant la plage de La Manga, après la pente d’aujourd’hui et le rendez-vous de demain avec les montagnes d’Alicante où se trouvait la partie noble du général.

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