DFL / DFB publient une déclaration officielle opposée à la Super League européenne

Le monde du football a été plongé dans un état de choc dimanche lorsqu’il a été annoncé que les plans d’une nouvelle Super League européenne allaient de l’avant dès que possible pour son conseil d’administration, dirigé par Florentino Perez. L’annonce a été accueillie avec une foule de réactions négatives justifiées, car nous semblons maintenant être dans une sorte de bras de fer entre les clubs, les joueurs, les managers, les propriétaires et, surtout, les fans.

On aurait du mal à trouver des experts, des joueurs, des managers ou des fans qui sont en faveur de cette nouvelle Super League. En fait, les vingt-quatre dernières heures ont vu se produire exactement le contraire. Plus particulièrement, la diatribe de Gary Neville sur Sky Sport aux côtés de Jamie Carragher a été largement diffusée sur les réseaux sociaux ainsi que celle de Rio Ferdinand sur BT Sport alors qu’il effectuait un travail d’expert dimanche pour la demi-finale de la FA Cup entre Leicester City et Southampton au stade de Wembley.

Plus récemment, la décision d’aller de l’avant avec la Super League a été qualifiée de «crachat au visage» par le président de l’UEFA Aleksander Ceferin. Le Real Madrid, Barcelone, l’Atletico Madrid, la Juventus, l’Inter Milan, l’AC Milan, Liverpool, Manchester City, Manchester United, Arsenal, Tottenham et Chelsea sont les douze clubs fondateurs à ce jour, et d’autres clubs devraient être invités plus tard. Il a été suggéré que les conséquences pour les clubs et les joueurs participant à la nouvelle ligue pourraient inclure une interdiction de l’UEFA Champions League et de la Ligue Europa ainsi que des joueurs ne pouvant pas représenter votre pays dans la compétition internationale. Les clubs pourraient également être interdits de participer à des compétitions de coupe nationales s’ils font partie de la Super League.

Le Bayern Munich, le Borussia Dortmund et le RB Leipzig ont rejeté les invitations à la Super League nouvellement créée, en grande partie grâce à la règle 50 + 1 de la Bundesliga qui stipule qu’au moins 49% des actions du club doivent être détenues par les fans. Plus tôt dans la journée, cela a été franchi un pas plus loin lorsque le DFL et la DFB ont publié une déclaration commune exprimant leur désapprobation de la nouvelle ligue et de tout ce qu’elle représente (DFL).

La déclaration dans son intégralité:

Le football allemand envisage la création d’une «Super League européenne» avec une grande appréhension. Nous sommes solidaires de l’UEFA et du président Aleksander Ceferin. Parallèlement, nous soutenons toutes les contre-mesures annoncées par la FIFA, l’UEFA et les ligues / associations nationales concernées. Nous le disons tout à fait conscients que cela pourrait affecter la nomination des joueurs de l’équipe nationale allemande sous contrat avec les clubs «Super League».

L’enjeu n’est autre que le statut du football en tant que jeu du peuple, menacé par un changement de cap comme on n’en a jamais vu auparavant. Nous ne devons pas permettre aux intérêts financiers de quelques grands clubs d’Angleterre, d’Espagne et d’Italie d’abolir les structures historiques existantes. Le football en Europe se nourrit du fait qu’il est théoriquement possible pour n’importe quel club de rivaliser avec les meilleurs du continent. Ce rêve ne doit pas être remplacé par une société essentiellement fermée. Les ligues nationales sont à la base du football, de sa popularité et de son influence positive sur les communautés. Il est irresponsable et inacceptable de mettre en péril la coopération qui a évolué au fil du temps. C’est cette coopération qui a permis aux meilleurs clubs de se développer au cours des dernières décennies. Sur ce point, nous nous trouvons en accord avec l’écrasante majorité des clubs, ligues et associations à travers l’Europe. Les fans de toute l’Europe élèvent également la voix pour soutenir cette position.

Dans ce contexte, il était tout à fait normal que le comité exécutif de l’UEFA adopte aujourd’hui à l’unanimité le projet de réforme des compétitions interclubs européennes. Cette réforme a été une invitation pour tous les clubs à se rassembler sous l’égide de l’UEFA et a été un douloureux compromis à bien des égards. Cette offre a été rejetée par une évidence [financial] motivations. Le football – à tous les niveaux – a toujours tenu bon lorsque des solutions communes ont été recherchées. Le LDF et la DFB feront tout leur possible pour y parvenir, plus que jamais. En particulier à la lumière de la crise mondiale du COVID, les valeurs du football doivent être clairement définies: la solidarité plutôt que l’égoïsme.