Duel au but volant

Sergi López-Egea

17/05/2021 à 18:53 CEST

À Jésus Montoya ils lui ont ordonné dans la Vuelta a España en 1992, où il était deuxième, de devenir accro et de ne pas quitter les yeux Tony Rominger, vainqueur final à Madrid. Et tant était le marquage, comme si c’était la défense la plus forte qui ne lâche pas l’attaquant, qu’une fois le cycliste suisse s’est arrêté pour uriner et Montoya Il s’arrêta à ses côtés provoquant une dispute entre les deux des plus surréalistes.

Aujourd’hui, les choses ont changé. Aujourd’hui aucun détail n’est manqué dans les courses, dont les étapes, comme celle d’hier de seulement 139 kilomètres, sont soigneusement étudiées: le road book fourni par l’organisation, les cartes, les vidéos YouTube, et les auxiliaires dans les voitures de l’équipe qui scannent le terrain et rapportent tout incident. Ou comment est l’objectif de vol à prix réduit; aujourd’hui, dans une ville appelée Campello sui Clitunno, à 19 kilomètres de l’arrivée.

Et ce marquage, ce duel, aussi réel que le Giro célébrant son premier jour de repos demain, entre Egan bernal (‘maillot rose’) et Remco EvenepoeLui, le principal aspirant au vêtement noble, devait vivre dans sa splendeur maximale sous une bannière qui donnait 3,2 et 1 seconde de bonus aux trois cyclistes qui passaient dans les premières positions.

Ce Giro est vécu intensément, comme s’il s’agissait d’une guérilla, entre les tranchées. Il faut avancer mètre par mètre, seconde par seconde, car tout temps gagné peut être récompensé par la victoire finale. Vous devez juste vous rappeler que l’année dernière, les deux premiers du général (Tao Geoghegan Hart Oui Jai hindley) est arrivé à égalité pour le dernier contre-la-montre, dans les rues de Milan.

Il y a un an, il y avait beaucoup de montagnes, peut-être un peu moins qu’aujourd’hui, mais suffisamment de territoire pour éviter ce qui jusqu’alors n’avait jamais été vu; deux cyclistes ex aequo en tête du classement général en l’absence d’étape pour la décision finale.

Et maintenant le duel est servi, dans ce but volant où Evenepoel essayer de surprendre Bernal, où le cycliste colombien envoie ses guérilleros pour contrer la fureur du prodige belge et où Jhonatan Narváez, Équatorien résidant en Andorre, ami et fidèle grégaire de Bernal, marquez pour Evenepoel ajoutez 2 au lieu de 3 secondes et où le leader réalise une autre seconde supplémentaire pour donner de l’excitation à une étape vouée à décider de sprinter.

Ce fut le moment le plus intense, le plus beau, le plus formidable, le moment de montrer que le duel entre Bernal et Evenepoel peut entrer dans l’histoire du Giro. Et il y a encore le Zoncolan, les Dolomites et des émotions fortes comme le contact par la belle terre blanche de la Toscane, pour réveiller demain les cyclistes du rêve et du reste de la journée de repos.

C’était la preuve que Evenepoel il n’a pas abandonné, que psychologiquement il n’a pas été blessé par l’attaque de Bernal dans les Abruzzes. Et, surtout, qu’il est prêt à se battre beaucoup d’ici à la fin pour que le coureur colombien sache qu’il va devoir transpirer beaucoup pour contourner la dernière ligne d’arrivée à Milan sachant que son “ maillot rose ” n’est pas en danger.

Comme la victoire de Peter Sagan, quelque chose comme une récompense à son équipe, Bora, qui a travaillé sauvagement pour empêcher le reste des sprinteurs de priver le triple champion du monde de la première victoire du Giro 2021, dans ce qui était un autre jour de transition pour Marc Soler, couvert comme la plupart, en 12ème position au général et en attente d’émotions plus fortes.