Jakobsen, victoire dans la Vuelta un an après avoir failli mourir

17/08/2021 à 19:19 CEST

Il revient à la vie après plusieurs mois d’hospitalisation, l’effort des médecins polonais et les interventions chirurgicales des spécialistes néerlandais. Et il se retourne avec un sourire et même avec une larme qui coule de ses yeux. Fabio Jakobsen a de nouveau gagné après avoir failli mourir d’une chute brutale lors d’un sprint du Tour de Pologne. C’était il y a un an, un terrible cauchemar, une souffrance pour lui et sa famille, qui s’est terminé par une fin inédite et une victoire dans la Vuelta.

Personne ne doutait que Le tour espagnol serait résolu avec un sprint à Molina de Aragón, qui bien que son nom induit en erreur est une ville de Guadalajara, donnée à la Castille par le royaume d’Aragon au XIIe siècle et elle ne manque ni de châteaux ni de symboles pour rappeler le Moyen Âge.

Car Sigüenza arbore aussi des symboles médiévaux où la Vuelta passe à 15h30, à 80 kilomètres de l’arrivée, avec un trio en fuite (un Valencien, Joan Bou ; un Galicien, Carlos Canal et un Cantabrique, Ángel Madrazo) et le équipe à deux minutes d’intervalle. Tout le monde sait que cette fuite n’est nulle part ; les trois aventuriers, le peloton, les directeurs qui passent derrière dans les voitures auxiliaires et les voisins et touristes qui arrivent dans les rues de Sigüenza.

C’est la petite ville touristique Castillan-La Mancha un exemple de ce qui se passe dans n’importe quelle ville d’Espagne où la Vuelta passe, sous le soleil d’août, avec le pays paralysé par les vacances et avec de nombreuses personnes qui font le pas de leur carrière comme une autre attraction pendant leurs vacances.

Jusqu’à 20 minutes avant l’arrivée des coureurs, Sigüenza est sur les terrasses des bars, avec des tapas, du vin ou de la bière. Les habitants de Palazuelos, Carabias, Alcuneza, Barbatona, Moratilla de Henares et Ures sont venus.

Si les touristes qui passent le mois d’août dans les maisons anciennes mais équipées de ces villes sont écartés, le reste de l’année ils n’atteignent pas un total de 150 habitants. Tout est loin ; Madrid est à une heure et demie en voiture et Guadalajara, la capitale provinciale, à 50 minutes de route.

Il reste 10 minutes avant l’apparition des coureurs. Les gardes civils aux drapeaux jaunes sont passés, danger il va se passer quelque chose, puis avec les rouges, qui servent à allumer les feux des voitures qui précèdent les cyclistes.

A 43 par heure, c’est à peine 12 secondes, entre le premier et le dernier du peloton et environ 20 de plus si l’on ajoute les voitures qui sont dans le sillage des cyclistes. Un peu plus d’une minute ; les enfants ne le savent même pas et celui qui a pris des photos avec le téléphone portable, encore pire.

Dans la Vuelta, l’attente est basée sur les calmars, le boudin, les torreznos et le jambon, mais dans le Tour, il n’y a pas de couverture qui vaut la peine, mais un parapluie et jusqu’à six heures de garde, et si c’est entre des clôtures demandant des faveurs si vous voulez aller à l’évier pour ne pas perdre votre position.

Identifier Jakobsen ? Impossible à ces vitesses ; ni au leader, Rein Taaramäe, qui tombe seul dans la zone de sécurité du but ; ni Roglic, ni Bernal, ni Valverde ; à n’importe qui, que le plaisir d’avoir respiré, si possible avec le masque, l’air des cyclistes.

Deux heures après son passage à Sigüenza, Jakobsen retrouve le triomphe à Molina et il est temps de remercier et de s’enthousiasmer après presque un an de lutte d’abord avec la vie, puis avec le désir de redevenir un athlète professionnel.

« Cette victoire est un rêve devenu réalité et je ne peux que remercier les médecins polonais et néerlandais qui ont pris soin de moi… et de ma famille », confie le sprinteur néerlandais. Applaudir.

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