La France jette l’UE sous le bus : Macron bloque les négociations commerciales australiennes | Politique | Nouvelles

Paris a indiqué qu’il bloquerait les futures négociations entre Bruxelles et Canberra après la décision de cette dernière de renoncer à un contrat pour les sous-marins de construction française. L’Australie a plutôt accepté un nouveau pacte avec la Grande-Bretagne et les États-Unis pour acheter des navires à propulsion nucléaire. Clément Beaune, ministre français de la ligne dure de l’Europe, a déclaré que les futures négociations entre l’UE et l’Australie seraient « impensables » en raison de la querelle.

Il a suggéré que Bruxelles, qui a tenu 11 séries de pourparlers avec Canberra, ne pouvait pas continuer ses querelles en raison d’un abus de confiance.

M. Beaune, proche allié du président Emmanuel Macron, a déclaré au site d’information Politico : « Tenir sa parole est la condition de la confiance entre les démocraties et entre les alliés.

« Il est donc impensable d’avancer dans les négociations commerciales comme si de rien n’était avec un pays en qui nous n’avons plus confiance. »

Alors que la Commission européenne gère les négociations commerciales au nom des États membres de l’UE, chaque accord doit être entériné par les 27 capitales nationales avant de pouvoir entrer en vigueur.

Paris a l’habitude de faire échouer les négociations commerciales de l’UE en raison de son opposition à de tels accords.

En 2016, l’ancien président François Hollande a fait échouer les pourparlers du Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement avec les États-Unis.

Et plus récemment, M. Macron a écrasé l’accord du Mercosur avec les pays d’Amérique du Sud.

La France a réagi avec fureur à la signature du soi-disant accord AUKUS entre l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni.

Paris a rappelé ses ambassadeurs des États-Unis et d’Australie alors que les tensions continuent de mijoter.

Mais les Français ont refusé de retirer leur haut diplomate de Londres, au lieu de faire valoir que la Grande-Bretagne est une « cinquième roue du car » dans le nouveau pacte de sécurité.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a ridiculisé le rôle de la Grande-Bretagne et a accusé le Royaume-Uni d’« opportunisme permanent ».

Le Premier ministre Boris Johnson a tenté de calmer la querelle diplomatique, déclarant au président Macron que « l’amour du Royaume-Uni pour la France est indéracinable ».

Répondant à la colère, M. Johnson a déclaré que le nouveau pacte de défense n’était « pas censé être exclusif », ni quelque chose dont la France « doit s’inquiéter ».

« Nous travaillons avec la France côte à côte dans les États baltes – dans le plus grand déploiement actuel de l’OTAN », a-t-il déclaré.

« Troupes britanniques, troupes françaises côte à côte ; il n’y a pas deux ensembles de forces armées plus capables de s’intégrer et de travailler côte à côte.

« Notre amour de la France est indéracinable et ce que je dirais, c’est que cet AUKUS n’est en aucun cas censé être à somme nulle, il n’est pas censé être exclusif, ce n’est pas quelque chose dont je ne pense pas qu’il faille s’inquiéter et en particulier pas nos amis français.

L’Australie a également défendu l’annulation de son contrat de 26 milliards de livres sterling avec la France pour l’achat de 12 sous-marins.

Son Premier ministre Scott Morrison a déclaré qu’il « ne regrettait pas la décision de faire passer l’intérêt national de l’Australie en premier ».

Il a nié avoir été malhonnête avec le gouvernement français dans la préparation de la signature de l’accord.

M. Morrison a déclaré: «Ils auraient eu toutes les raisons de savoir que nous craignons profondément que la capacité fournie par le sous-marin de la classe Attack ne réponde pas à nos intérêts stratégiques.

« Nous avions clairement indiqué que nous prendrions une décision en fonction de notre intérêt national stratégique. »

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