Le gouvernement choisira 100 Espagnols pour proposer des solutions au changement climatique

13/06/2021 à 9h06 CEST

Le gouvernement veut entendre l’opinion de ses citoyens pour savoir à quoi devrait ressembler l’Espagne de 2050, celle qui est adaptée pour lutter contre le changement climatique. Ainsi, à travers la figure du Assemblée citoyenne pour le climat, le gouvernement sélectionnera, au hasard, un groupe de 100 Espagnols qui auront la possibilité de donner leur avis sur les politiques climatiques que l’Espagne devrait mettre en œuvre pour atteindre la neutralité des émissions en 2050.

L’Assemblée Citoyenne pour le Climat devra débattre et proposer un ensemble de recommandations, qui ne seront en aucun cas contraignantes, sur les politiques climatiques avec lesquelles ils pensent que l’Espagne devrait atteindre la neutralité climatique d’ici 2050.

Mais le lancement de cette initiative n’a pas été bien accueilli par les ONG. Et, puisque les avis de ces citoyens ne seront ni contraignants ni obligatoires, l’ONG Extinction Rebellion dénonce que l’Assemblée citoyenne pour le climat « n’est pas telle », puisqu’elle « ignore » les citoyens, ne définit pas d’objectifs spécifiques ni n’implique un ‘ véritable cadre» pour la prise de décision climatique.

Cette initiative, inscrite dans la loi sur le changement climatique et la transition écologique, s’inscrit dans le sillage d’autres pays comme la France ou le Royaume-Uni, qui disposent déjà de ces assemblées citoyennes volontaires.

Cependant, en Espagne, les participants seront choisis selon des critères de sélection différents, qui visent une représentation adéquate de la société espagnole. Leurs recommandations seront remises au Gouvernement puis au Parlement, afin qu’ils essaient de leur donner une forme juridique.

L’initiative est actuellement en phase de consultation, qui culminera dans les semaines à venir. Cette phase permettra de lancer l’Assemblée, sa composition, ses thèmes, sa structure et d’autres détails dans le but « d’atteindre le plus haut niveau de participation citoyenne » et « face à la sensibilité croissante et au grand pas dans la conscience sociale en matière de climat changement », comme l’a déclaré le directeur du Bureau espagnol du changement climatique, Valvanera Ulargui.

Bien qu’il s’agisse d’une vieille revendication des ONG environnementales et sociales, toutes ne l’ont pas prise également. Extinction Rebellion est venu mettre en garde contre le comportement « très dangereux » et « même suicidaire » pour le système démocratique qui a la proposition avancée par le gouvernement.

« Après un an et demi de retard, Le ministre Ribera annonce une assemblée virtuelle qui ne respecte pas du tout le minimum qui garantissent leur efficacité », assure l’ONG qui considère que la proposition espagnole est « bien moins courageuse » que celle mise en œuvre en France.

Cette centaine de membres de l’assemblée aura pour mandat d’analyser la question : « Une Espagne plus sûre face au changement climatique, comment faire ? », bien que le ministère n’exclue pas qu’il soit également possible de définir des enjeux plus limités et spécifiques sur les solutions d’atténuation et d’adaptation au changement climatique d’ici 2050. La centaine de personnes choisies au hasard représentera « la diversité de la société espagnole », que ce soit le sexe et le genre, l’âge, l’origine rurale ou urbaine, le niveau d’instruction, voire la position vis-à-vis du changement climatique, etc.

Une fois la phase de consultation terminée, probablement le mercredi 16 juin, Le Gouvernement engagera le consultant qui sera chargé d’embaucher la centaine en vue du démarrage de l’Assemblée au cours du mois d’automne et de la préparation de ses recommandations au cours du premier trimestre de 2022.

En attendant, le directeur du Bureau du changement climatique considère que cette Assemblée sera « une énorme opportunité pour lancer ensemble un processus participatif & rdquor; Concernant l’urgence climatique, les détracteurs de l’idée regrettent que l’ensemble de l’initiative soit plus proche « d’une campagne de sensibilisation que d’une véritable assemblée citoyenne ».

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