Le sudoku que personne ne comprend

26/07/2021 à 10h28 CEST

Manoj Daswani

Une journée des Jeux Olympiques peut être commencée en voile et terminée en boxe ; réveillez-vous très tôt au badminton, puis assistez à quelques matchs de football à Saitama ; venez faire du taekwondo en sachant que vous avez juste le temps de visiter également le tennis, la voile ou le judo. Jusqu’à ce que les vœux du journaliste désireux d’être partout butent sur la catastrophe majeure qu’est l’organisation des transports lors de ces Jeux au Japon.

Avec à quel point les Japonais sont ordonnés et technologiques, il est difficile de comprendre comment même Rio – bien sûr aussi Londres – remporte la partie par un glissement de terrain vers Tokyo dans des facettes aussi disparates et nombreuses. Aussi bien sûr dans la connectivité des sites, qui est un labyrinthe sans fin.

La chose habituelle dans les Jeux est qu’il y a un quai dans le centre de presse d’où partent constamment de nombreux entraîneurs pour les différents sports. Mais ici, vous devez même prendre un bus pour vous rendre de ce quai au siège des journalistes. Pour un trajet qui peut se faire en trois minutes à pied, il faut monter dans un véhicule qui prend 15 minutes.

Le fait est que les restrictions de covid empêchent de conduire à l’aise, de se promener entre les sites ou de prendre un taxi normal. Si vous choisissez d’aller en voiture, vous devez réserver sur un téléphone auquel personne ne répond ou vous rendre à un arrêt de transport officiel, où d’ailleurs – et c’est un détail – vous payez avec des tickets de 10 000 yens que l’organisation donne gratuitement à chaque média.

Le désastre et le mépris avec des sites tels que le vélo ou la voile sont d’une telle ampleur qu’il n’y a qu’un seul bus pour aller (à 6h00 du matin) et un autre pour revenir (tard dans la nuit). Ce n’est qu’ainsi que l’on comprend que dans la zone mixte pour recevoir l’insulaire Ange Granda, grand protagoniste des régates de samedi, il y avait à peine deux informateurs espagnols. Ou qu’en boxe José Quiles il n’a rencontré ce journaliste qu’au moment d’exprimer ses lamentations après avoir vu et non vu sur le tatami de la Kokujigan Arena. Il est impossible d’aller partout, mais le Japon rend les choses encore plus difficiles. L’essaim de lieux et la connexion entre tous est un sudoku-jamais mieux dit- que personne ne comprend ici

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