“Le Tage a un problème de quantité et de qualité de l’eau”

01/05/2021 à 08:33 CEST

Hugo Morán, secrétaire d’État à l’environnement et numéro 2 de la vice-présidente Teresa Ribera, explique dans cet entretien les raisons qui ont conduit le ministère de la Transition écologique à modifier le régime actuel du transfert Tajo-Segura. Il admet que les décisions ne se prennent pas uniquement sur la base d’avis techniques, mais que «tous les paramètres sont analysés». Il ne révèle pas quel sera l’avenir du transfert, qu’il considère comme «l’infrastructure critique dont le pays a besoin pour gérer le des scénarios de l’eau de plus en plus exigeants, qui vont de pair avec le changement climatique«, Mais sans préciser si le ministère est« trasvasista »ou« anti-trasvasista ». Quant à la décision d’augmenter les flux écologiques, Morán se réfugie dans les «cinq jugements» qui, comme il le souligne, nécessitent une révision.

-Pendant des mois, les décisions qui ont été prises concernant le transfert Tajo-Segura ont soulevé une grande polémique dans les zones irriguées avec l’eau du Tage. Que pensez-vous d’être accusé d’être un ministère «anti-transfert d’eau»?

-Dans le domaine de la défense des intérêts légitimes des parties (qu’ils soient sectoriels, territoriaux ou autres), le droit de revendication est inhérent à l’exercice de la culture démocratique. Ainsi, ceux qui défendent les intérêts des communes riveraines du chef du transfert, considèrent que la sensibilité du ministère est juste le contraire. Mais la réalité est ce qu’elle est. Si l’on regarde les données objectives, par exemple celles du dernier trimestre (février, mars et avril), dans lequel le système est resté au niveau 2, les volumes autorisés ont été ceux prévus dans la norme, soit 38 hm3. Et cela a été possible grâce à une gestion prudente, dont l’objectif est de maintenir un bon niveau de réserves en tête, au profit du bassin cédant pour minimiser les périodes de situation exceptionnelle du système, avec l’incertitude que cela implique pour le demandeur du bassin.

-La dernière polémique ouverte avec les agriculteurs est la modification des règles d’exploitation pour réduire le transfert maximum au niveau 2. Est-ce si important pour les techniciens? Pourquoi le régime actuel ne suffit-il pas? Depuis trois ans, il pleut généreusement sur le promontoire.

-Vérifier s’il est important que les techniciens l’aient déjà proposé en 2013 à l’occasion de la modification que le Gouvernement de l’époque a effectuée. Ils ont été ignorés et le résultat a été ce qu’ils avaient prédit: un système qui s’est détérioré au point qu’il est déjà la moitié du temps à un niveau de risque exceptionnel.

-Et après les règles d’exploitation, il semble qu’il ait déjà été décidé d’augmenter le débit écologique de la rivière. L’Union centrale des irrigateurs et l’Université d’Alicante assurent que ce sera la mort définitive du transfert.

-Dans un état de droit, les jugements des tribunaux sont respectés et exécutés. Il y a cinq arrêts de la Cour suprême qui établissent l’obligation d’établir des flux écologiques que le plan de bassin précédent n’avait pas incorporé. Nous fixerons les flux écologiques qui résultent de l’ensemble du processus qui accompagne la préparation de la planification hydrologique, afin de respecter correctement les phrases.

-Est-ce que le mauvais état du Tage est dû au transfert d’eau d’Alicante et de Murcie ou est-ce aussi lié au fait que Madrid purifie mal ses eaux usées et qu’elles finissent dans le Tage?

-Le Tage a un problème de quantité d’eau dans sa tête, comme l’ont condamné les juges, que nous allons résoudre dans le domaine de la planification hydrologique du troisième cycle 2021-2027. Et il a un problème de qualité, en aval, lorsqu’il reçoit ceux de Madrid, dont la solution est déjà en cours avec la commission à l’ACUAES de la rénovation du système d’assainissement de la capitale, avec un investissement initialement prévu d’environ 850 millions d’euros.

-Pourquoi ne peut-on pas supprimer la pression à la tête du Tage, capturant l’eau du cours intermédiaire, dans la Sierra de Gredos, où l’eau est minérale? Est-ce difficile?

-La pression subie par la tête du Tage, comme celle subie par le reste des bassins de notre pays, va s’accentuer comme les experts du GIEC le prévoient depuis des années. Nous devons prendre note des erreurs du passé afin de ne pas les répéter à l’avenir.

Pensez-vous vraiment que le dessalement est une alternative au transfert?

-Le dessalement est une technique déjà présente dans de nombreux pays depuis des années (dans le nôtre depuis 1964), qui acquiert la catégorie des ressources conventionnelles au fur et à mesure que sa mise en œuvre se répand et se consolide; C’est donc une source de plus qui rend le système robuste.

-Est-ce une infrastructure qui entretient le potager de l’Europe dont tous les Espagnols bénéficieront d’être fermés?

-Nous ne devons pas oublier que l’ATS fait partie du système d’approvisionnement urbain qui répond aux besoins de plus de 2,5 millions de personnes, à la fois dans le bassin de transfert et dans le bassin demandeur; de manière à s’intégrer dans un réseau d’infrastructures critiques dont le pays a besoin pour gérer les scénarios de l’eau de plus en plus exigeants issus du changement climatique.

-Que pensez-vous, par démagogie, qu’à Alicante, nous disons que les plages sont à nous (García Page pense la même chose avec l’eau du Tage) et que nous la fermons pour les habitants de La Mancha?

-Lorsque nous parlons d’eau, nous devons tous faire un effort pour mettre la démagogie de côté.

-Il a publié une vidéo dans laquelle il souligne que le mémorandum de 2013 a été réalisé sans écouter les techniciens. Pourquoi les techniciens de la commission d’exploitation ne sont-ils pas écoutés lorsqu’ils conseillent d’envoyer 20 hm³ par mois?

-La commission d’exploitation se réunit tous les mois, analyse les données disponibles et, aux niveaux 1, 2 et 4, adopte la décision établie par la norme. Au niveau 3, il transfère son analyse pour que la décision soit prise dans le domaine déterminé par la norme; Après avoir vu le rapport, la décision est prise. Comme ce qui doit être motivé au niveau 3, les raisons qui justifient tout volume autorisé au-dessus de 0 et jusqu’à un maximum de 20 hm3 doivent être abordées. C’est-à-dire tous les paramètres qui influent sur la décision, qui ne sont pas seulement les données des eaux de barrage à la tête. Il serait impossible de motiver la décision sans écouter les techniciens.

-Pourquoi la vice-présidente Teresa Ribera n’a-t-elle jamais rencontré les agriculteurs touchés par la réduction du transfert?

-Au cours des presque trois ans de ce ministère, il y a eu d’innombrables occasions où nous avons eu l’occasion de rencontrer les irrigants, avec lesquels nous avons l’engagement de continuer à le faire.

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