L’eau potable sera le nouveau pétrole : c’est la situation

13/10/2021 à 9h03 CEST

La crise climatique provoque de graves impacts sur les ressources en eau potable disponibles sur la planète. Un nouveau rapport montre qu’une personne sur deux sur la planète Terre pourrait avoir un accès insuffisant à l’eau, au moins un mois par an, d’ici 2050. La situation (qui menace à terme de transformer l’eau en un nouveau pétrole) déjà bien visible en Asie ou en Afrique, mais elle commence aussi à se manifester dans les zones traditionnellement hydriques.

Une nouvelle crise mondiale se profile et elle concerne l’accès aux ressources en eau et les dangers posés par l’intensification des catastrophes naturelles dues au changement climatique, comme l’a prévenu l’Organisation météorologique mondiale (OMM) lors de la présentation de son rapport sur l’état des services climatologiques en 2021. liés à l’eau, la semaine dernière.

La science souligne que le nombre de personnes touchées par le soi-disant « stress hydrique & rdquor ; o Les difficultés d’accès à l’eau augmenteront considérablement en raison de la croissance démographique et parce qu’il y aura de moins en moins de ressources en eau à exploiter.

Selon les chiffres cités dans le rapport, 3,6 milliards de personnes avaient un accès insuffisant à l’eau au moins un mois par an en 2018 et ce nombre devrait dépasser les 5 milliards d’ici 2050. Ce nombre représentera environ la moitié de la population de la Terre d’ici là.

C’est dans ce contexte que l’OMM a constaté que le monde n’est pas préparé à faire face à cette situation, car les systèmes de gestion, de surveillance, de prévision et d’alerte précoce des risques liés à l’eau n’existent pas ou sont insuffisants dans 60% des 187 États membres. de l’organisme scientifique des Nations Unies.

« L’augmentation des températures génère des changements dans les précipitations au niveau mondial et régional, ce qui a conduit à variations dans la répartition des précipitations et des saisons agricoles, qui ont un impact sur la sécurité alimentaire, la santé et le bien-être des êtres humains & rdquor;, a commenté dans la présentation du rapport, le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas.

L’agence note qu’en 2020, il y a eu plusieurs événements hydrologiques extrêmes, tels que de fortes pluies qui ont provoqué des inondations massives au Japon, en Chine, en Indonésie, au Népal, au Pakistan et en Inde, faisant de nombreux morts et poussant des millions de personnes au déplacement forcé.

En Europe, il y a également eu des inondations importantes qui ont causé des pertes humaines et matérielles.

Mais alors que ces précipitations extrêmes se produisent, la diminution des dépôts d’eau continentale (la somme de toute l’eau trouvée à la surface de la terre et en dessous) progresse. Cette réduction équivaut à un centimètre de moins par an au cours des deux dernières décennies, un phénomène notoire dans les glaciers, la neige des montagnes, en Antarctique et au Groenland.

Cependant, ajoute le rapport, de nombreux endroits densément peuplés dans les basses latitudes connaissent des pertes d’eau considérables dans des zones qui ont traditionnellement été des sources d’approvisionnement en eau, avec des conséquences importantes pour la sécurité de l’eau.

La situation est grave si l’on considère que seulement 0,5% des ressources en eau de la planète sont de l’eau douce disponible et utilisable.

Taalas a souligné que cette situation « se poursuivra au cours des prochains siècles et pas seulement au cours des prochaines années ou décennies, en raison des niveaux élevés de dioxyde de carbone & rdquor; dans l’atmosphère et l’effet négatif que cela aura sur le changement climatique.

Les inondations ont augmenté de 134 % depuis 2000

D’autre part, le rapport indique qu’au cours des 20 dernières années, la fréquence des risques hydrologiques a augmenté.

Depuis 2000, il y a eu une augmentation de 134 % des catastrophes liées aux inondations par rapport aux deux décennies précédentes, bien que la majorité des décès et des dommages économiques se soient produits en Asie.

Le nombre de sécheresses et leur durée ont également augmenté de 29 % au cours de la même période et, dans ce cas, le coût humain de ce phénomène était plus élevé en Afrique.

Le rapport formule des recommandations stratégiques à l’intention des décideurs politiques afin d’améliorer la mise en œuvre et l’efficacité des services climatologiques pour l’eau dans le monde :

1Investir dans la gestion intégrée des ressources en eau, comme une solution pour mieux gérer le stress hydrique, en particulier dans les petits États insulaires en développement (PEID) et les pays les moins avancés.

2.Investir dans systèmes d’alerte précoce pour les sécheresses et les inondations dans les pays les moins avancés, notamment dans les systèmes de prévision des sécheresses en Afrique et des inondations en Asie.

3.Combler les lacunes dans la capacité de collecte de données sur les variables hydrologiques de base qui soutiennent les services climatologiques et les systèmes d’alerte précoce.

Quatre.Améliorer l’interaction entre les parties prenantes au niveau national pour concevoir et opérationnaliser des services climatologiques avec les utilisateurs d’informations afin de mieux soutenir l’adaptation dans le secteur de l’eau. Il existe également un besoin urgent d’optimiser le suivi et l’évaluation des avantages socio-économiques, ce qui contribuera à exposer les meilleures pratiques.

5.Combler les lacunes en matière de données pour les services climatologiques dans le secteur de l’eau. Dans 65 Membres de l’OMM, en particulier dans les petits États insulaires, les données des Membres sur les services climatologiques pour l’eau ne sont pas disponibles. Seuls 19 % des petits États insulaires ont fourni des données pour ce rapport, ce qui est insuffisant pour évaluer l’état des capacités et des besoins de ces pays en services climatologiques pour l’eau.

6.Rejoignez la Coalition pour l’Eau et le Climat. L’OMM a organisé cette coalition en réponse à la nécessité de réaliser des avancées politiques intégrées et de promouvoir des solutions pratiques optimisées. La coalition aide les pays à améliorer l’évaluation des ressources en eau, ainsi que les services de prévision et de prévision pour l’eau.

Photo principale : Shutterstock

Article de référence : https://public.wmo.int/es/media/comunicados-de-prensa/se-advierte-que-urge-tomar-conciencia-de-la-inminente-crisis-del-agua

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