Les canicules en Espagne augmenteront de 104% en trente ans

14/05/2021 à 09h04 CEST

L’événement climatique connu sous le nom de «canicule» (périodes extrêmement chaudes) va s’intensifier considérablement dans les années à venir en Espagne, mais surtout du côté méditerranéen. La première enquête détaillée sur l’évolution attendue de ce phénomène en Espagne montre que l’augmentation de son intensité atteindra 104% d’ici 2050, qui atteindra 150% sur la côte méditerranéenne.

Une étude sur les projections climatiques à laquelle participent des chercheurs de l’Université de Saint-Jacques-de-Compostelle et de l’Université de Vigo prévoit une augmentation de l’intensité des vagues de chaleur de 104% dans un proche avenir (2021-2050) dans toute la péninsule ibérique.

Les changements les plus importants relevés dans cette recherche, qui vient d’être publiée dans la revue internationale Atmospheric Research, se produisent dans la région centrale et orientale du pays, atteignant 150% pour la côte méditerranéenne et les Pyrénées.

Les auteurs de ce travail, dont Nieves Lorenzo, Alejandro Díaz-Poso et Dominic Royé, estiment une augmentation des canicules avec des tendances de 6% à 8% par décennie, ce qui entraînera un impact plus important sur l’être humain, une augmentation de demande d’énergie et implications pour le risque d’incendie.

Ce type d’événements climatiques peut être caractérisé par quatre dimensions: la fréquence, la durée, l’intensité et l’étendue spatiale. En fait, le facteur «Excess Heat Factor» (EHF) est appliqué pour la première fois dans cette étude, un paramètre développé par des scientifiques australiens qui prend en compte à la fois l’intensité et les effets sur le corps humain.

Des recherches antérieures ont déjà montré que l’EHF pouvait être utilisé pour évaluer les effets de ces épisodes de chaleur extrême sur la santé de la population (Royé et al.2020).

«L’indice EHF est très utile pour détecter ce type d’événements extrêmes, ce qui en fait un outil de contribution à la prise de décision pour minimiser les impacts négatifs des canicules sur la santé publique ou sur d’autres secteurs sensibles, comme l’agriculture, la sylviculture ou l’énergie », Déclare l’Université de Saint-Jacques-de-Compostelle dans une note.

Les projections indiquent que les zones qui montrent une plus grande intensité ne coïncident pas avec les zones où les vagues de chaleur durent plus longtemps.

Pour 1971-2000 et 2021-2050, les vagues de chaleur dans les régions montagneuses et péninsulaires occidentales sont caractérisées par un EHF plus élevé, mais d’une durée plus courte que celles de la zone péninsulaire sud-est et, en général, de la côte.

La raison principale de cette configuration spatiale, soulignent les auteurs de la publication, réside dans le transport rapide des masses d’air doux de l’océan Atlantique à l’ouest de la péninsule ibérique.

L’étendue moyenne des vagues de chaleur pour la période 1971-2000 a augmenté de 1,71% par décennie, tandis que l’augmentation de l’étendue maximale est encore plus importante, à 4,3% par décennie.

Cette tendance devrait se poursuivre dans un proche avenir, avec des augmentations comprises entre 6% et 8% par décennie pour la valeur d’extension maximale. Les résultats indiquent une augmentation significative de l’intensité, de la fréquence, de la durée et de l’étendue des vagues de chaleur en Espagne au XXIe siècle.

Étude de référence: https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0169809521002076?dgcid=author

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