L’exécutif conduit la réforme du travail à deux négociations différentes en l’absence d’un mois

27/10/2021 à 21:06 CEST

RAFA BERNARDO

La négociation sur la réforme du travail entre dans sa phase finale avec une nouvelle structure qui augmente le nombre d’espaces de dialogue, ajoute de nouveaux participants aux conversations et peut même repenser les sujets de débat. Le pacte entre les deux ailes du gouvernement pour débloquer le conflit pour le contrôle de la réforme entre la première vice-présidente, Nadia Calviño, et la deuxième vice-présidente, Yolanda Díaz, se fait aux dépens de ajouter une complexité considérable aux négociations en cours, et tout un mois avant la clôture du dialogue : la date limite convenue avec Bruxelles pour faire approuver le règlement est le 31 décembre, mais afin de se conformer aux exigences formelles requises par l’approbation d’un arrêté-loi royal Les pourparlers devraient aboutir , selon des sources gouvernementales, au plus tard début décembre, avec ou sans accord.

Cette structure alambiquée conduit en pratique à une « table politique » et une « table technique », une formule qui il n’a pas d’égal dans cette législature et va à l’encontre de la pratique de la négociation des derniers mois, basée sur la patience, la continuité des interlocuteurs et des délais flexibles. Le dialogue sur la loi cavalier, par exemple, a débuté en octobre 2020 et s’est terminé en mars 2021, cinq mois, bien que son approbation ait dû attendre jusqu’en mai, et son entrée en vigueur en août ; et qui n’occupe qu’une page et se compose d’un seul article. La réforme des retraites a commencé à être débattue en novembre et sa première phase s’est achevée par un accord le 1er juillet, après sept mois de conversations, mais le pacte a été conclu au prix de laisser plusieurs questions importantes en suspens qui sont toujours en cours de discussion. A ce jour, dans les négociations structurelles, un ministère a toujours eu le dessus (Travail sur les avenants, Inclusion dans les retraites) et l’influence d’autres portefeuilles, comme l’Economie et les Finances, s’est exercée entre les réunions, pas dans les réunions elles-mêmes.

Méthodologie et contenu

Jusqu’à présent, les négociations sur la réforme du travail suivaient le modèle habituel : elles se concentraient sur une réunion hebdomadaire, chaque mercredi matin, entre le secrétaire d’État à l’Emploi et les responsables du travail de l’UGT, de la CCOO, de la CEOE et du Cepyme. Avec cette méthode des progrès ont été réalisés grâce à 22 réunions du 17 mars à ce mercredi, et ce travail a abouti à un document de synthèse de 29 pages que Trabajo a compilé, sur la base de ses propositions, le 14 octobre. La crise qui a suivi au sein du Gouvernement a généré la nouvelle structure qui sera désormais appliquée : la réunion hebdomadaire réunira au moins deux autres membres (de l’Économie et de l’Inclusion), et sera précédée et suivie de réunions de coordination intergouvernementale. Quant au contenu, il est toujours en cours d’examen : le Gouvernement définira sa position lors d’une réunion au plus haut niveau mardi prochain, 2 novembre, qui a déjà commencé à préparer: Ce même mercredi après-midi la secrétaire d’Etat à l’Emploi a fait un premier bilan, lors d’une réunion tenue au Travail avec des représentants d’autres ministères, de toutes les questions sur la table (de la négociation collective à la formation). L’objectif : déterminer où sont les désaccords au sein de l’Exécutif.

Précisément la double nature du changement dans la négociation, dans la méthodologie et dans le contenu, anticipe de nouvelles complications, car chacun des secteurs du Gouvernement met l’accent sur l’un des problèmes. Pour l’aile socialiste, il n’y a pas de polémique sur les questions et la solution du différend est atteinte avec des changements formels et la participation d’un plus grand nombre de ministères ; D’un autre côté, du côté de United We Can, ils répètent que l’essentiel est que l’économie ne veut pas renverser des aspects cruciaux de la réforme du travail de 2012, tels que celui faisant référence à la négociation collective (c’est-à-dire la durée et la hiérarchie des les accords).

Les agents sociaux ont accueilli le changement avec prudence : formellement, ne pas entrer dans l’organisation interne du gouvernement et ils restent optimistes quant à la possibilité d’un accord entre l’exécutif, les syndicats et le patronat avant la fin du mandat. Cependant, les syndicats ne cachent pas leur inquiétude quant à la possibilité que l’abrogation de la partie des accords de réforme du travail de 2012 soit remise en cause, et ils avancent qu’ils n’excluent pas des mobilisations si ce changement n’est pas engagé, ce qu’ils définissent. comme une « ligne rouge ».

Calme sur la table technique

Alors qu’aux plus hautes sphères du gouvernement l’architecture des prochaines réunions et la répartition des responsabilités entre les départements étaient en cours d’accord, sur le terrain, au ministère du Travail, les négociateurs habituels tenaient la réunion de contenu tous les mercredis. Selon l’un des participants à cette réunion, la réunion est passée « comme si de rien n’étaitNous avons parlé de sujets ouverts (temporalité, prévalence des accords, contrats de formation…) ; Ce fut une journée fructueuse, mais sans progrès notable. « La seule nouveauté : qu’on leur annonce qu’à partir de la prochaine réunion, il y aura deux nouveaux visages : les Directeurs Généraux qui enverront l’Inclusion et l’Économie.

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