L’UE se tire une balle dans le pied alors que son projet de s’attaquer à la fabrication américaine se retourne contre lui de façon spectaculaire | Monde | Nouvelles

Dans un double coup porté au bloc, le projet de proposer un paquet de subventions pour l’industrie des puces électroniques se heurte aux réalités des propres règles de concurrence de Bruxelles et à la lenteur de la prise de décision. L’UE visait à revendiquer une participation sur le marché mondial des semi-conducteurs, espérant acquérir environ 20 pour cent des parts de marché, en concurrence avec les États-Unis et l’Asie.

Avec les puces déjà rares à travers le monde, affectant une multitude d’industries dans le processus, de la fabrication de voitures à la production de produits blancs, le moment aurait pu être lucratif pour le syndicat.

Cependant, le bloc a maintenant du mal à réunir les fonds nécessaires pour rivaliser avec des acteurs aussi importants et bien établis dans une industrie aussi spécifique et hautement technologique.

Thierry Breton, l’homme aux manettes du projet européen a buté sur les embûches que lui ont posées les poursuites bureaucratiques à Bruxelles.

Avec les règles de la concurrence et la politique de l’UE consistant à éviter les subventions, le projet s’est terminé comme une balle dans le pied.

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D’autres pays manufacturiers de ce type n’ont pas la paperasserie qui borde les couloirs de Bruxelles.

Les États-Unis finalisent un paquet de 52 milliards de dollars appelé « Chips for America Act », tandis que la Corée du Sud a présenté un plan en mai qui a ouvert 450 milliards de dollars de financement privé, principalement grâce à la coopération du gouvernement sur les allégements fiscaux.

Lors d’une réunion de l’industrie en septembre, des responsables européens et américains ont affirmé qu’ils étaient conscients des problèmes de guerre d’enchères, déclarant qu’ils « partagent l’objectif d’éviter une course aux subventions et le risque d’entacher nos investissements privés ».

L’UE, dans une tentative d’imiter le projet américain, a lancé un plan connu sous le nom de Projet important d’intérêt européen commun, ou IPCEI.

En parallèle, le bloc a lancé une alliance industrielle sur les puces électroniques, avec la commissaire européenne Ursula von der Leyen qui a lancé le « European Chips Act » suivant une ligne étroite avec la version américaine.

L’UE s’apprête à trouver un montant similaire d’argent pour le projet dans la région de 50 milliards de dollars, cependant, il semble que la ligne d’arrivée ne soit pas encore en vue.

Espérant tirer profit des milliards d’euros mis de côté pour le fonds de relance du coronavirus, sur les 17 pays que l’UE a tenté d’impliquer dans l’IPCEI, 10 d’entre eux n’ont mentionné aucune notion de puces électroniques dans leurs plans, tandis que cinq autres d’entre eux doivent encore trancher la question.

Avec Thierry Breton affirmant que l’UE veut mettre « à peu près le même chiffre pour l’UE, avec nos États membres », la réalité du chiffre total est loin de l’objectif.

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Au total, à peine 2,5 milliards d’euros ont été promis pour les plans de récupération des puces électroniques et 2,3 milliards d’euros pour la technologie cloud, soit un maigre 10 % du montant nécessaire pour pouvoir être comparé aux sommes américaines.

Dans une annonce distincte, la France et l’Italie ont promis des liquidités supplémentaires, les Français promettant 6 milliards d’euros pour la « résilience industrielle » et les Italiens 700 millions d’euros.

L’Allemagne dépense également trois milliards d’euros en puces, dont la moitié provient de ses propres fonds de récupération Covid.

Malgré la bonne volonté manifestée par les quelques États membres de l’UE qui se sont engagés à contribuer au régime, l’approbation du puissant département de la concurrence de la Commission est toujours nécessaire, qui a des règles strictes sur ce qui peut être financé et ce qui ne peut pas pour éviter des perturbations du marché.

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