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Des milliers de Birmans manifestent après la mort des suites de la répression policière

EFE / EPA / LYNN BO BO . / EPA / LYNN BO BO

Yangon (Birmanie), 21 février . .- Des milliers de personnes sont à nouveau descendues dans les rues de la ville de Mandalay ce dimanche, où hier deux manifestants ont été tués par des tirs de la police lors d’une manifestation contre la junte militaire qui a pris le pouvoir par un coup d’État sur 1er fevrier.
Portant des banderoles rejetant le régime militaire, les manifestants ont pris certaines des rues centrales de la ville, pour protester contre le coup d’État et contre les violences policières qui hier ont coûté la vie à deux personnes et fait au moins six blessés par balle.
Ces deux décès étaient venus soutenir les grévistes des chantiers navals pour avoir rejoint le mouvement de protestation et que les autorités voulaient forcer à travailler.
Des témoins ont déclaré que la police avait réprimé la manifestation de samedi avec des balles réelles et des balles en caoutchouc, des bombes lacrymogènes et des projectiles métalliques faits de vis et lancés avec des frondes.
Avec les deux morts de samedi, il y a déjà trois décès dus à la répression policière dans les manifestations contre l’armée, après avoir confirmé vendredi la mort de Mya Thwe Thwe Khine, une jeune fille de 20 ans décédée des suites d’une balle de la police dans un protestation, et dont les funérailles ont lieu aujourd’hui dans la capitale, Naipyidó.
L’image de la jeune femme, qui a passé dix jours dans un état critique avant de perdre la vie, est devenue un symbole des manifestations, qui maintiennent leur vigueur dans les principales villes du pays malgré les violences et le nombre élevé d’arrestations (569 sur le début du coup d’État selon l’Association pour l’assistance aux prisonniers politiques).
L’un des derniers détenus est le célèbre acteur Lu Min, arrêté hier soir pour son soutien aux manifestations contre le coup d’État, comme l’a confirmé sa femme sur son profil Facebook.
Khin Sabai Oo a raconté entre les sanglots dans une vidéo publiée sur le profil Facebook officiel de son mari que plusieurs policiers sont entrés par effraction chez lui à Rangoon en forçant la porte et l’ont emmené, sans préciser où.
Mu Lin, qui a pris part à plusieurs manifestations à Rangoon, était l’une des six célébrités recherchées par l’armée depuis mercredi pour avoir enfreint la loi anti-incitation, encourageant les responsables à participer à des manifestations et encourant une peine pouvant aller jusqu’à deux ans en prison.
L’armée a justifié la prise du pouvoir par une fraude électorale présumée lors des élections de novembre dernier au cours desquelles la Ligue nationale pour la démocratie, le parti dirigé par Aung Sang Suu Kyi, a balayé, comme elle l’a fait en 2015.