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La Malaisie expulse plus de 1000 migrants vers la Birmanie, malgré une décision du tribunal

La Malaisie a procédé mardi à l’expulsion d’un millier de migrants birmans vers la Birmanie, malgré une décision judiciaire qui lui demandait de suspendre cette mesure condamnée par les Oenegés.

Les autorités ont renvoyé 1 086 migrants à bord de trois navires militaires birmans, a déclaré le chef des services d’immigration malais, Khairul Dzaimee Daud, précisant que parmi les expulsés, il n’y avait aucun membre de la minorité rohingya et aucun demandeur d’asile.

Quelques heures avant l’expulsion, un tribunal malais avait suspendu temporairement le projet controversé dénoncé par les organisations de défense des droits de l’homme et qui se déroule trois semaines après le coup d’État de la junte.

Les migrants détenus – certains d’entre eux appartenant à des minorités vulnérables – avaient déjà été emmenés dans une base militaire sur la côte ouest de la Malaisie. Là, ils ont été expédiés en Birmanie.

“Tous ceux qui ont été expulsés ont accepté de rentrer de leur plein gré, sans y être contraints”, a déclaré Khairul Dzaimee Daud.

Les États-Unis et l’ONU ont critiqué cette expulsion, et les organisations de défense des droits de l’homme ont affirmé que les demandeurs d’asile faisaient partie des personnes susceptibles d’être expulsées.

Amnesty International et Asylum Access, une organisation d’aide aux réfugiés, sont celles qui ont fait appel devant un tribunal de Kuala Lumpur, déclarant que sinon la Malaisie violerait ses obligations internationales.

“Cette initiative pour empêcher l’expulsion est basée sur des rapports de groupes de réfugiés qui indiquent clairement que les demandeurs d’asile et les réfugiés font partie des personnes renvoyées en Birmanie”, a déclaré Katrina Jorene Maliamauv, directrice d’Amnesty International Malaisie.

Amnesty International a également demandé à l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) d’avoir accès aux prisonniers afin de déterminer qui devrait bénéficier de l’asile.

Selon l’ONU, au moins six personnes sont enregistrées auprès du HCR et ont droit à une protection internationale.

– “Grande inquiétude” sur le coup –

L’armée birmane a pris le pouvoir début février, renversant le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi, déclenchant des manifestations de masse et des condamnations internationales.

La Malaisie a fait part de sa “grande inquiétude” à propos du coup d’État, mais quelques jours plus tard, il est apparu qu’elle avait donné son accord pour que la junte militaire envoie des navires de guerre pour récupérer les migrants détenus.

Les dirigeants malais affirment que les personnes expulsées ont commis des crimes, comme avoir expiré des visas.

Parmi les expulsés, il y a des membres de la minorité chrétienne et d’autres des États de Kachin (nord) et Shan (est), selon Lilianne Fan, directrice internationale de la Fondation Geutanyoe, qui travaille avec les réfugiés.

Les autorités malaisiennes ont interdit au HCR l’accès à leurs centres de détention depuis fin 2019, ce qui signifie que l’agence des Nations Unies ne peut pas déterminer lesquels des prisonniers devraient obtenir le statut de réfugié.

La Malaisie accueille des millions de migrants originaires des régions les plus pauvres d’Asie, comme la Birmanie, le Bangladesh et l’Indonésie, qui travaillent pour des salaires misérables, en particulier dans le secteur de la construction.

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