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Russie.- Les 27 suivront lundi l’analyse sur la violation des droits en Russie mais n’envisagent pas encore de sanctions

BRUXELLES, 19 (EUROPA PRESS)

Les États membres de l’UE poursuivront ce lundi le débat sur la détérioration des droits fondamentaux en Russie, à la suite du cas de l’opposition Alexei Navalni et des violences contre les manifestations, même si aucune décision ferme sur de nouvelles sanctions ne sera encore prise.

Après le voyage controversé du Haut Représentant, Josep Borrell, à Moscou, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-sept auront sur la table des mesures pour répondre au Kremlin de la dérive répressive, qu’ils considèrent comme une attaque contre les droits de l’homme, donc sur la table, il y a la possibilité d’utiliser pour la première fois le nouveau régime de sanctions horizontales pour les violations des droits.

“Il est fort probable que le nouveau régime soit opté pour, ce qui est symbolique dans le cas russe”, a déclaré une source diplomatique, qui a expliqué qu’un certain nombre d’Etats membres ont déjà amorcé de manière informelle la préparation de rapports pour appliquer des mesures en ce sens. .

L’UE s’est dotée à la fin de l’année dernière d’un nouvel instrument pour accélérer l’adoption de sanctions contre les violations des droits de l’homme, en les appliquant de manière globale sans avoir à aller pays par pays comme c’est le cas avec les systèmes de sanctions traditionnels. Quoi qu’il en soit, l’UE dispose déjà de plusieurs systèmes de sanctions, tant économiques qu’individuelles, contre la Russie qui sont dus à l’annexion de la Crimée, à la guerre dans l’est de l’Ukraine et à l’empoisonnement de Seguei Skripal et Alexei Navalni.

TOUJOURS PAS DE SANCTIONS

En tout état de cause, la réunion du Conseil des affaires étrangères n’adoptera pas immédiatement des sanctions contre la Russie. Les sources consultées encadrent la réunion comme une première étape pour unir une position européenne pour recentrer les relations avec Moscou et assurer que les 27 ministres ne donneront qu’un “signal politique” sur les mesures futures.

Ceci malgré le fait que Borrell a annoncé il y a quelques jours qu’il prendrait l’initiative de présenter une proposition formelle de sanctions. Pour le moment, personne à Bruxelles n’est en mesure de dire si cette annonce se concrétisera dans les prochains jours. Quoi qu’il en soit, l’examen des relations avec Moscou aboutira au Conseil européen de fin mars, au cours duquel les dirigeants de l’UE donneront des orientations sur l’avenir des relations.

Ce qui sous-tend un affrontement de plus en plus clair avec le Kremlin sur des aspects qui, pour l’UE, font partie de ses valeurs et principes, comme la question de la pluralité démocratique. Ceci est synthétisé avec le cas de Navalni, empoisonné et emprisonné à son retour en Russie et dont l’UE a réclamé à plusieurs reprises la libération. A Bruxelles, ils assurent que le défi posé par Navalni et la position de l’UE en sa faveur “génèrent de la peur” à Moscou et ils attribuent l’attitude agressive de la Russie pendant le voyage de Borrell à cette peur.

En tout cas, pour la diplomatie européenne, la détérioration des relations dépasse le cas de l’opposant et est liée à une dérive démocratique en Russie, avec des jalons tels que l’approbation d’une réforme constitutionnelle qui donne plus de pouvoirs à Vladimir Poutine, la réduction de la espace politique pour l’opposition et les désaccords dans l’arène internationale comme la Biélorussie ou l’Ukraine.

Cependant, dans l’UE, ils défendent qu’il est nécessaire de maintenir des canaux ouverts avec la Russie et d’établir une coopération sélective sur des questions d’intérêt européen telles que le voisinage oriental, le changement climatique ou l’accord nucléaire iranien. Comme l’explique une autre source diplomatique, malgré les difficultés, la Russie ne peut pas se permettre de rompre ses relations avec l’Europe car cela augmenterait sa dépendance à l’égard de la Chine, ce que le Kremlin ne voit pas non plus de bons yeux.

Ainsi, la réunion de lundi ne sera qu’un des débats sur la manière de traiter avec la Russie, une question qui marquera la politique étrangère à Bruxelles dans les semaines à venir. Autre nouveauté du Conseil des Affaires étrangères, la participation par visioconférence du nouveau secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, à laquelle il sera un premier contact avec des partenaires européens.

À Bruxelles, il y a un grand optimisme sur le fait que le changement à la Maison Blanche redonnera de la vitalité aux relations transatlantiques et favorisera une plus grande coopération sur des questions qui sont une priorité pour l’UE, comme l’accord nucléaire avec l’Iran.