Diego Armando Maradona joue dans cette équipe, qui est tout le sud de l’Italie, l’Italie des immigrés, celle des jeunes sans perspectives d’avenir, et aussi celle de la maudite Camorra. La star argentine, pas encore devenue une légende immortelle, était arrivée trois ans plus tôt du FC Barcelone, après avoir payé 7,5 millions de dollars au club napolitain, avec la curiosité supplémentaire que son contrat avait été signé à l’aéroport d’El Prat.

Cette première date indélébile pour tous les “ tifoso azzurro ”, n’était que le début d’un âge d’or pour la ville née sur les pentes du Vésuve, et dont la ferveur pour le football n’est comparable qu’à la passion ressentie par les Napolitains pour leur volcan emblématique et ses vues sur l’île de l’amour, Capri. C’est précisément l’amour et la passion que les Napolitains ressentaient pour le joueur argentin depuis son arrivée.

Cette ferveur inconditionnelle envers Maradona, comparable seulement à celle ressentie par les Napolitains pour San Gennaro et son sang miraculeux, loin de diminuer, n’a cessé de se multiplier; même en dépit de l’élimination de la «nazionale azzurra» aux mains de l’équipe d’albiceleste, avec Maradona comme porte-étendard, ce qui a empiré les choses dans la capitale de la région de Campanie, dans cette Coupe du monde 1990 déjà lointaine.

Tout ce qui précède est attesté par les centaines d’enfants à Naples qui portent le nom du gaucher d’or, qui avec le meilleur but de l’histoire des Coupes du monde et avec sa main de Dieu, a réussi à humilier ceux qui avec son armée avaient blessé dans son fierté nationale de la guerre des Malouines à tous les Argentins. La vengeance était servie sur une assiette froide et sur une pelouse dans les terres mexicaines.

Après la mort de la star argentine la semaine dernière, dans un exemple clair de ce que serait la chronique d’un décès annoncé, il serait inutile d’essayer d’expliquer à ceux qui critiquent que toutes sortes d’hommages sont vénérés et rendus à une personne extérieure au football. , il a commis tant d’erreurs dans sa vie. Seuls ceux qui, sans préjugé d’aucune sorte, sont capables de séparer l’être humain, Diego, du footballeur, Maradona, pourraient comprendre pourquoi. Après tout, quiconque est libre de péché, tire la première punition.

Avec la mort de Maradona, on pourrait dire que pour la première fois une gauche, en l’occurrence sa jambe, a véritablement attaqué le ciel. Là, il aura rencontré son grand ami, l’éternel sorcier de notre village de pêcheurs footballeurs. Ensemble à nouveau, ils peuvent ainsi plaisanter à nouveau et observer leurs équipes respectives depuis ce ciel, non réservé exclusivement aux plus saints, mais aussi à ceux qui par leurs actes ont apporté la joie aux plus pauvres et aux plus abandonnés. Qu’en l’absence de pain, le football c’est bien.

Repose en paix enfin Diego, maintenant que Maradona sera comme Quini est, immortelle pour toujours.