Que se passera-t-il sur Terre si la température augmente de 2 °C au lieu de 1,5 °C ?

26/10/2021 à 9h02 CEST

Depuis quelques années, et à nouveau à la veille du sommet de Glasgow, on insiste sur la nécessité d’éviter d’atteindre un réchauffement de 2°C à l’horizon 2100 et sur l’urgence de le laisser à seulement 1,5°C. A Dans un premier temps coup d’œil, il ne devrait pas y avoir une grande différence entre le pessimisme et l’espoir d’une température d’un demi-degré Celsius sur Terre. Et encore l’avenir peut être très différent selon les situations.

L’évolution des événements n’est pas exactement positive. L’Accord de Paris a fixé comme objectif pour 2100 une hausse de température maximale de 2°C, et de préférence de 1,5°C. Mais la réalité est qu’au fur et à mesure que les choses avancent, il est de plus en plus possible que 1,5°C de réchauffement soit atteint dès 2030 et même avant. Initialement, ce point devait être atteint au milieu du siècle.

Un rapport du Groupe d’experts international sur l’évolution du climat (GIEC) montre très clairement les différences entre un futur avec un réchauffement de 1,5°C et un autre de 2°C.

A commencer par le Arctique, qui est la zone de la planète où l’impact du changement climatique est le plus important, si le réchauffement climatique est limité à 1,5 ° C, nous pourrions voir comment cette région manque de glace de mer un été par siècle, tandis que si les températures augmentent 2º C qui arrivera une fois tous les dix ans. Et les conséquences de la fonte de l’Arctique de manière aussi exagérée auraient un impact sur la planète entière.

La montée de la mer, par conséquent, serait plus prononcée avec deux degrés de montée qu’avec un et demi. Ainsi, le rapport du GIEC indique que d’ici 2100 la montée de la mer serait, en moyenne, dix centimètres plus élevée avec un réchauffement de 2º C qu’avec un autre de 1,5º C. Cette différence peut signifier directement la disparition ou la permanence de nombreuses zones habitées de la côte à travers la planète.

De même, le risque de mortalité il sera plus élevé avec deux degrés de plus en température globale. En Espagne, par exemple, un réchauffement de 1,5 °C signifierait que l’augmentation de la température les jours extrêmement chauds atteindrait 3 °C, tandis qu’avec le scénario 2 °C, elle atteindrait jusqu’à 4 °C de plus les jours extrêmement chauds.

Le GIEC, selon le portail eltiempo.es, révèle qu’en Espagne les vagues de chaleur vont augmenter, à la fois en nombre et en intensité. Les pires prévisions prédisent que nous aurons des étés qui dureront jusqu’à cinq semaines de plus qu’actuellement, et avec des températures qui atteindront 50º C.

L’alimentation elle sera également affectée à l’échelle mondiale. Si le réchauffement reste à 1,5º C, il y aura des réductions nettes des rendements du riz, du blé et du maïs, base de l’alimentation mondiale, mais avec 2º C la réduction sera encore plus importante et compromettra la disponibilité alimentaire au Sahel, le Méditerranée, Europe centrale, Afrique australe et Amazonie.

La pêchePour sa part, les captures mondiales seront réduites de 1,5 million de tonnes si le réchauffement climatique augmente de 1,5°C, mais cette diminution sera de trois millions de tonnes si les températures augmentent de 2°C.

Ce sera le cas car le changement climatique provoque de graves impacts sur les habitats, la reproduction, les maladies et l’apparition d’espèces invasives dans toutes les mers de la planète.

Ce demi-degré d’augmentation sera essentiel pour déterminer l’avenir des écosystèmes de la Terre. Avec une élévation de 2º C, on estime que la 13% de la surface de la terre verra ses écosystèmes changer, avec une plus grande aridité, une perte de forêts et de zones humides, et l’avancée du désert. En revanche, avec une augmentation de 1,5º C, cette modification des écosystèmes restera de moitié, 50% de moins.

Mais la différence est encore plus grande lorsque les conséquences sur la biodiversité sont analysées. Avec un réchauffement de deux degrés, il y aura entre le doubler et tripler le nombre d’espèces végétales et animales qui verront leur étendue géographique réduite par rapport à une augmentation d’un degré et demi.

C’est ce qui se passerait sur terre, mais en mer la situation ne sera pas meilleure. Avec une élévation de 2º C, le risque de perte irréversible des écosystèmes marins sera considérablement plus élevé qu’avec une élévation de 1,5 º C. Et, dans le cas spécifique des coraux, leurs populations seraient réduites de 70 à 90 % avec un degré et demi, alors qu’avec deux degrés ils disparaîtraient pratiquement de la Terre.

Photo principale : Pixabay

Rapport de référence : https://www.ipcc.ch/sr15/

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