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Le colombien Orozco-Estrada fait ses débuts à l’Opéra de Vienne avec une Carmen intense

Vienne, 20 février . .- Il a peu d’activité, mais intense, dans sa Colombie natale mais il nie avoir abandonné son pays. Le chef d’orchestre Andrés Orozco-Estrada, qui fera ses débuts demain à l’Opéra de Vienne avec une Carmen intense de Georges Bizet (1838-1875), affirme que plus il apprend dans sa brillante carrière internationale, plus il pourra partager chez lui. "La Colombie est toujours présente dans mes projets, dans ma tête, dans mon cœur et dans ma vie, mais il faut savoir la doser", explique l’artiste (Medellín, 1977) dans un entretien avec Efe avant la répétition générale de cette vision particulière de Carmen que le dramaturge espagnol Calixto Bieito a imaginée en 1999 et qui s’ouvre ce dimanche à Vienne. Orozco-Estrada, qui vit dans la capitale autrichienne depuis plus de deux décennies, met ainsi en évidence le "Orgueil" feel for the Young Philharmonic of Colombia, une initiative qui décrit comment son "petit mais très important" Focus colombien, dans le cadre de sa vaste activité internationale. CRÉER DES GENS MEILLEURS "Ce n’est pas seulement la musique, mais nous travaillons à créer de meilleures personnes, à travailler sur la discipline, la responsabilité", assure la formation des jeunes talents colombiens qu’il dirige, avec lesquels il a fait des tournées en Europe et qu’il affirme "ça sonne vraiment bien". En plus de ses postes de directeur musical de la Houston Symphony et de la Frankfurt Radio Symphony, le musicien colombien ajoute désormais celui de la Vienna Symphony. "Plus j’apprends de choses ici, plus je peux partager ces connaissances en Colombie, ouvrir des portes, créer des ponts. Je n’ai pas l’impression de quitter la Colombie jeté", il assure. LONGING FOR THE PUBLIC Sa première à l’Opéra de Vienne, dirigeant le célèbre Philharmonique de Vienne, avec lequel il a déjà joué à de nombreuses reprises, se produit sans public dans la salle, en raison des restrictions du gouvernement autrichien pour contenir la pandémie de coronavirus qui ont gardé des théâtres et cinémas fermés pendant près de quatre mois. Une mesure qu’il n’ose pas critiquer car, assure-t-il, il faut "avoir confiance que chaque gouvernement prend la meilleure décision" mais cela le surprend, car dans des pays comme l’Espagne, il y a des concerts avec un public, appliquant des mesures de précaution. Dans tous les cas, il déclare que "ne vois pas l’heure" de récitals, même en petits groupes, avec un public avec qui il peut y avoir ce qu’il appelle "un échange beauté". Si ce souhait ne sera pas exaucé ce dimanche à Vienne, Orozco-Estrada affirme que c’est une grande joie de débuter dans un théâtre qu’il considère comme une référence dans le monde de l’opéra, et avec une production qu’il qualifie de "très intense, très humain". Le montage de Calixto Bieito, créé en 1999 au Festival Peralada (Catalogne / Espagne), est le premier nouveau Carmen à apparaître sur scène à Vienne depuis 42 ans, il avait le maestro argentin Carlos Kleiber à la baguette et l’Espagnol Placido Domingo dans le rôle de Don José. Depuis, cette mise en scène a été jouée à Vienne 164 fois, la deuxième plus longue des dix productions différentes de l’œuvre de Bizet qui sont passées par cette étape. UN CLASSIQUE… "Je suis sûr que ça va devenir un classique, même ici à Vienne"explique le professeur colombien à propos de la nouvelle production qui, admet-il, lui a d’abord posé quelques questions. "Après avoir compris, j’arrive déjà à enchaîner toutes les idées, et j’arrive non seulement à la comprendre, mais à en profiter", il est dit. La production de Bieito a été bien accueillie par la critique à son époque, mais elle a généré une division d’opinions dans le public, y compris des huées, dans les théâtres où elle a été présentée à la fois en Espagne et dans d’autres pays. … RIEN DE TRADITIONNEL "Ce qui est clair, c’est qu’il ne ressemble pas à une production traditionnelle", dit le musicien colombien à propos d’une version de Carmen qui résume à quel point "très intense et très humain" et dans lequel "on travaille beaucoup sur la partie psychologique de chaque personnage". Bieito place l’action non pas à Séville en 1820 mais dans une zone frontalière entre l’Espagne et le Maroc, peuplée de légionnaires et de passeurs, et très éloignée du folklore des gitans, des toreros et des flamants roses de l’opéra de Bizet. "Toute la force réside dans chaque personnage, dans son regard, dans sa voix", résume Orozco-Estrada. Malgré toutes les controverses, l’Opéra de Vienne lui-même définit la pièce comme "une déclaration d’amour du régisseur aux habitants de son pays d’origine". La mise en scène, qui devrait être représentée cinq fois de plus entre mai et juin, met en vedette la géorgienne Anita Rachvelishvili dans le rôle de Carmen, le polonais Piotr Beczala dans le rôle de Don José et le baryton uruguayen Erwin Schrott dans le rôle d’Escamillo. La première de demain sera diffusée ouvertement dans le monde entier à partir de 17h00 GMT sur la plateforme en ligne de l’Opéra de Vienne play.wiener-staatsoper.at. (c) Agence .