Surmonter les défis militaires initiaux de la Force indienne de maintien de la paix (IPKF) au Sri Lanka : juillet – septembre 1987

IPKF militaireUne fois l’IPKF retiré prématurément, l’Inde s’est retrouvée privée de toute influence décisive pour superviser la mise en œuvre des dispositions politiques de l’Accord par le Sri Lanka. (Photo d’archive : IE)

Par le colonel RS Sidhu

Toile de fond des opérations militaires par IPKF

Les opérations militaires de l’IPKF ne peuvent pas être examinées indépendamment de l’Accord Indo Sri Lanka du 29 juillet 1987, qui est intrinsèquement défectueux du point de vue de l’Inde. Les praticiens sérieux de la géopolitique se demanderont toujours comment l’Inde, qui s’est vigoureusement battue pour faire signer et mettre en œuvre l’Accord, n’a pas réussi à sauvegarder ses propres intérêts géopolitiques.

Le Sri Lanka a réussi à faire accepter par toutes les parties que son unité, sa souveraineté et son intégrité territoriale resteront inviolables. Dans les limites de ses propres intérêts, l’Inde a négocié le meilleur accord possible pour les Tamouls du Sri Lanka dans le cadre de la Constitution du Sri Lanka.

Cependant, l’Inde n’a pas réussi à protéger ses propres intérêts. En s’engageant à ce que l’intervention militaire indienne incombe à la demande du gouvernement sri lankais, il a fini par donner l’as de la clé à ce dernier. Une fois l’IPKF retiré prématurément, l’Inde s’est retrouvée privée de toute influence décisive pour superviser la mise en œuvre des dispositions politiques de l’Accord par le Sri Lanka.

Il est également indéniable que le Sri Lanka et les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE), le principal groupe rebelle tamoul, n’ont jamais été favorables à l’Accord. L’Inde, malgré la résistance des deux principaux protagonistes, a fait ériger l’édifice de l’Accord sur des fondations fragiles. Pourtant, il n’est jamais venu à l’esprit de nos institutions de politique étrangère et de sécurité de faire face à l’éventualité d’un ou des deux protagonistes revenant aux engagements de l’Accord.

Défis militaires posés par l’accord Indo-Sri Lanka

L’intervention de l’Inde au Sri Lanka en 1987 a suivi une courbe d’escalade, passant d’une tentative de solution politique à des tentatives énergiques de fournir une aide humanitaire, pour aboutir à une intervention militaire conventionnelle. L’accord était en cours de négociation entre les deux pays pour une durée prolongée, comme on peut le discerner au paragraphe 2.15 qui stipule que « … les propositions sont conditionnelles à l’acceptation des propositions négociées du 4.5.1986 au 19.12.1986. » Une flottille non armée de bateaux indiens transportant une aide humanitaire à la population tamoule de Jaffna a été refoulée par la marine sri-lankaise, ce qui a conduit au lancement de l’opération Poomalai entreprise par l’armée de l’air indienne pour larguer des fournitures au-dessus de la ville assiégée de Jaffna au Sri Lanka le 4 juin 1987.

Le lancement imminent d’opérations offensives à partir de quatre bases de montage, à savoir. Agra, Secunderabad, Visakhapatnam et Chennai étaient en soi un défi militaire majeur. La précipitation excessive dans la signature et l’exécution de l’Accord a changé du jour au lendemain toute la complexité des opérations d’un rôle offensif à un rôle de maintien de la paix sans avoir le temps pour une planification détaillée, des préparatifs, une coordination, une liaison et des briefings. Les unités et les troupes participantes étaient soudainement incertaines du changement de rôle :

– Les termes de l’accord et le rôle de l’armée dans sa mise en œuvre.

– Attitude de l’armée sri lankaise (ALS) et de ses organisations paramilitaires et policières armées.

– Ambivalence dans des situations nécessitant un recours à la force armée autre qu’en cas de légitime défense.

– Sauvegarde logistique limitée.

Avant l’induction pour les opérations au Sri Lanka, les formations et unités participantes ont été orbattées avec une formation d’attaque où la formation est organisée pour les opérations offensives conventionnelles conformément à la directive de formation de la formation. Les opérations de contre-insurrection ou de maintien de la paix n’étaient pas la tâche opérationnelle assignée. Pourtant, dans les trois mois suivant le déploiement, les troupes ont été lancées pour mener des opérations de contre-insurrection rendues nécessaires par le changement soudain d’objectif national.

La période d’interrègne d’août et de septembre

Le jour même de l’accord, les formations et unités de la 54e division d’infanterie ont commencé à être intronisées dans les provinces du Nord et de l’Est. Le quartier général de la division ainsi que la 91e brigade d’infanterie ont été intronisés dans la péninsule de Jaffna par transport aérien jusqu’à l’aérodrome de Palaly, tandis que la 47e brigade d’infanterie a effectué des débarquements amphibies à la jetée de Kankesanthurai.

Le 15e bataillon d’infanterie mécanisée moins deux compagnies a été transporté par voie aérienne vers l’aérodrome de Palaly, et une deuxième compagnie d’infanterie mécanisée a effectué des débarquements amphibies à la jetée de Kankesanthurai, en collaboration avec la 91e brigade d’infanterie.

La 76 brigade d’infanterie ainsi que la troisième compagnie d’infanterie mécanisée ont été déplacées par des chars de débarquement (LST) et des navires marchands vers le port de Trincomalee et déployées le long de toute la province orientale de Trincomalee à Batticaloa et plus au sud jusqu’à Akkaraipattu, Amparai et Pottuvil.

Le déploiement a été désigné comme une opération de maintien de la paix, dans un pays étranger disposant d’une organisation de gouvernance établie, d’une infrastructure de sécurité efficace et pourtant en proie à une ferveur ethnique, linguistique et communautaire. Il n’y avait pas d’adversaires définis, de précédents et de règles à suivre. Une équation difficile prévalait entre l’IPKF et les forces de sécurité sri-lankaises, alors que la hiérarchie militaire des deux armées interagissait sur le modus operandi de la mise en œuvre des opérations de maintien de la paix dans les zones mandatées par l’IPKF des provinces du nord et de l’est du Sri Lanka.

Pendant cet interrègne, les troupes combattantes étaient strictement confinées dans des camps à l’exception des déplacements logistiques. Cela a injustement refusé la familiarisation du terrain aux troupes de combat, critique pour la conduite des opérations militaires. Couplé à un vide total dans les cartes militaires du terrain de la région, cela entraverait sérieusement la conduite des étapes initiales des opérations militaires ultérieures.

La première menace sérieuse qui aurait pu conduire à un éventuel démantèlement de l’accord s’est produite avec le déclenchement d’émeutes ethno-religieuses en septembre 1987 dans la ville de Trincomalee. La présence au combat de l’IPKF à Trincomalee était insuffisante pour contenir les émeutes. L’officier général adjoint commandant la 54 division d’infanterie et le quartier général du bataillon du 15e bataillon d’infanterie mécanisée ont été déplacés en toute hâte à Trincomalee pour établir un quartier général de secteur ad hoc et contrôler les conflits ethniques. Utilisant ces émeutes comme couverture, le Sri Lanka a tenté de faire passer des troupes supplémentaires de Colombo à Trincomalee. Ayant été prévenu, un groupe de travail d’infanterie mécanisée a établi un barrage routier rapide pour empêcher les renforts de l’ALS d’entrer dans la province de l’Est. La situation a été traitée avec finesse et une menace maladroite à l’accord a été annulée.

L’issue de l’incident a eu un impact positif en montrant la détermination de l’IPKF à ne tolérer aucune ingérence dans les zones relevant de son mandat. Cela a dans une large mesure dissuadé la SLA d’adopter un parcours aventureux dans les provinces du Nord et de l’Est.

À la fin du mois de septembre, il était clair que les LTTE et les autres groupes militants tamouls faisaient l’école buissonnière en remettant toute leur cache d’armes et de matériel militaire.

Maintien de la paix à l’imposition de la paix

17 cadres des LTTE, dont Pulendran (Lt Col) et Kumarappa (Lt Col), commandants respectivement des régions de Batticaloa et de Trincomalee, ont été appréhendés par la marine sri-lankaise dans la nuit du 2 au 3 octobre 1987 dans le détroit de Palk au large de Jaffna alors qu’ils transportaient clandestinement par bateaux une importante cargaison d’armes et de munitions. Ils ont été amenés à l’aérodrome de Palaly, la base principale de l’ALS dans la péninsule de Jaffna, en attendant leur transfert à Colombo pour d’autres mesures.

Le LTTE a insisté sur le fait que tous ses cadres étaient protégés contre l’arrestation en vertu de la disposition d’amnistie générale accordée en vertu du paragraphe 2.11 de l’Accord et a approché la 54e Division d’infanterie pour faire libérer leurs cadres de la garde de l’ALS. L’ALS a également affirmé catégoriquement que le port d’armes était une violation de la disposition de remise de toutes les armes et munitions par les groupes militants en vertu du paragraphe 2.9 de l’Accord, et que les militants ont été arrêtés en tant que criminels de droit commun en dehors de la juridiction de l’IPKF.

La 54 Division d’infanterie a renvoyé l’affaire aux autorités indiennes supérieures, qui à leur tour leur ont ordonné d’empêcher le transfert de prisonniers à Colombo jusqu’à ce qu’une décision finale soit prise.

L’intervention ferme de l’armée indienne a assuré l’accès périodique des médecins de l’armée indienne aux prisonniers des LTTE pour surveiller leur santé. L’ALS a également été persuadée par l’armée indienne d’autoriser une délégation des LTTE dirigée par leur commandant militaire Mahathya à rencontrer les prisonniers.

Cependant, la situation s’est encore tendue le 4 octobre 1987, dans l’après-midi, lorsqu’un avion de l’armée de l’air sri lankaise a atterri sur l’aérodrome de Palaly pour transporter les prisonniers à Colombo le lendemain.

Les LTTE ont fixé la date limite de l’après-midi du 5 octobre 1987 pour la libération de leurs cadres. Réalisant que leur transfert était désormais imminent, les 17 détenus ont consommé du cyanure en début de soirée le même jour. Cinq prisonniers ont été sauvés grâce à des tentatives de réanimation par l’armée indienne. Les 12 autres, dont Pulendran et Kumarappa, sont décédés.

Position des LTTE

L’Accord promettait une plus grande autonomie et la fusion des provinces du Nord et de l’Est à majorité tamoule, dans un large cadre démocratique en vertu de la constitution du Sri Lanka. Pourtant, il était loin des aspirations politiques des LTTE d’une patrie tamoule indépendante au Sri Lanka. Le partage de l’espace politique dans un système de gouvernance démocratique était un anathème pour son idéologie politique. Il se considérait comme le seul représentant légitime des Tamouls du Sri Lanka et ne tolérait aucun rival. Ce dogme les a poussés à lancer de violentes guerres fratricides jusqu’au bout, contre d’autres organisations rebelles tamoules, et valide cette réflexion.

Cet incident a simplement été utilisé comme une excuse pour se retirer de l’Accord par le chef des LTTE V Prabhakaran, comme en témoigne sa réticence à rendre ses armes et ses munitions bien au-delà du délai de trois jours, et également en continuant à développer son potentiel de combat. .

Les conséquences

Les LTTE ont répudié l’Accord et ont également montré leur défi en lançant des attaques surprises contre des piquets isolés de l’IPKF. Le fait que l’IPKF était mal préparé à cette éventualité est mis en évidence par l’induction hâtive de formations supplémentaires pour prendre le contrôle de la péninsule de Jaffna de l’emprise des LTTE.

(L’auteur est un vétéran du régiment d’infanterie mécanisée de l’armée qui a servi pendant toute la durée de l’opération PAWAN de 1987 à 1990. Outre son expérience pratique des relations avec les LTTE dans le cadre d’opérations antiterroristes actives à Jaffna, il est également le auteur de deux livres, « Success from Being Mad » sur les entreprises entrepreneuriales d’anciens combattants, et « Elephant on the High Himalayas » sur le discours de l’Inde et de la Chine. Il peut également être consulté sur son BlogSpot valleysandvalour.blogspot.com. Les opinions exprimées sont personnelles et ne ne reflète pas la position ou la politique officielle de Financial Express Online.)

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